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An incredible meeting

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MessageSujet: An incredible meeting Mar 2 Aoû - 18:40

An incredible meeting

William

&


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Cela faisait quelques jours maintenant que j’étais arrivée à Seattle. Mon installation s’était bien déroulée. Les meubles en location avaient trouvé leur place dans mon duplex et j’avais rangé mes petites affaires. Au final, j’étais satisfaite de mon petit chez moi.

Ce jour-là, j’avais décidé de faire quelques courses. Mon frigo était presque vide. Il me restait une bouteille de jus d’orange entamée, deux yaourts, une barquette de poulet à la pâte de curry rouge avec des pâtes jaunes et une autre aux crevettes piquantes, sauce coco avec de la citronnelle, toutes deux achetées au premier resto thaï que j’avais pu dégoter. Le Kin Do, au centre de Seattle. Un endroit que je n’oublierai pas, c’était certain. N’empêche, ça commençait à être juste… Je partis donc dans ma Mini Cooper violette décorée des flamboyants autocollants « I love Boston » en direction du premier supermarché que je trouverais. Au bout de cinq minutes, je repérais une enseigne et je me garais sur le parking.

Je fis le plein. Un peu de tout. Je trouvais même le thé bio que j’aimais et je fis quelques trouvailles, dont quelques plantes : une fougère et deux orchidées. Je voyais déjà où les mettre. L’appartement était assez lumineux et je trouvais que quelques plantes seraient agréables à l’œil. Je patientais longuement dans une file à la caisse et finis par payer. Chargée de mes nombreux paquets, je repartis vers ma voiture et me rendis au parking où j’avais l’habitude de me garer. Malheureusement, toutes les places habituelles étaient occupées. Mince ! Je fis demi-tour et m’engageais dans l’avenue, en cherchant du regard un endroit approprié mais pas trop loin et je finis par en apercevoir un. Fallait faire un créneau tout de même ! Zut ! Je n’étais clairement pas la spécialiste du créneau ! Et loin s’en faut ! Bon, je me décidais à me garer et je m’y pris à deux fois, mais j’y arrivais ! Hourra ! Si Becca avait été là, ce qu’elle se serait moquée ! Pénible les aînés tout de même ! Des donneurs de leçons ! Le sourire aux lèvres, je sortis de ma voiture et claquais la portière à ma suite et me dirigeais vers le coffre. J’en sortis trois gros paquets et les pris dans les bras. J’entrepris de fermer ma voiture comme je pus, en appuyant fugitivement sur le bouton de ma clef et la voiture fit entendre le clic caractéristique de la fermeture centralisée. Je retournais direction mon duplex, les plantes sur le dessus des courses ombraient mon champ visuel, mais bon, je voyais quand même où j’allais. J’évaluais le parcours à environ 5 minutes pour arriver à la porte de mon appartement.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mar 2 Aoû - 20:19

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Mon emménagement s'était bien passé. Je n'avais emporté que le strict nécessaire, vêtements, guitare et partitions, ainsi que toute une panoplie de livres que j'avais achetée par boulimie sans avoir encore eu le temps de les lire. Je n'étais pas certain de pouvoir m'y mettre avec les longues journées que je m'apprêtais à vivre mais pour moi, une maison n'en était pas une si elle était entièrement dépourvue de lecture. Enfin, un appartement pour le moment, car je n'avais pas les moyens de m'offrir plus qu'un T2. Mes parents m'avaient proposé à plusieurs reprises de m'aider financièrement mais je souhaitais subvenir seul à mes besoins. J'avais pu économiser un peu d'argent en travaillant durant mes études, ce qui m'avait permis de trouver un logement dans un quartier sympathique et de le meubler, certes modestement, mais agréablement.

Mon arrivée en ville était relativement récente, aussi je profitais des quelques jours de calme qu'il me restait pour arpenter le quartier à pied afin de m'habituer à ce nouvel environnement, tant pour éviter de me perdre que pour découvrir arrêts de bus, commerces, et les différents services de proximité. Cela faisait environ deux heures que je parcourais les rues, marchant d'une allure tranquille, quand je décidai d'en finir avec l'exploration pour aujourd'hui. Je remontai ainsi l'avenue menant à mon appartement, un chemin que je connaissais à présent sur le bout des ongles.

Flânant, les mains dans les poches en mode touriste, je remarquai à quelques mètres une jeune femme avançant vers moi d'un pas mal assuré, dissimulée derrière une montagne de paquets et de plantes qui lui obstruaient la vue. Juste devant elle, à quelques centimètres, une imperfection dans le trottoir qu'elle ne percevrait pas. J'augmentai donc mon allure, réduisant à presque rien la distance qui nous séparait afin de la mettre en garde.

« Attention, juste devant vous ! »

J'espérai ne pas l'effrayer par mon intervention ; il ne manquerait plus qu'elle trébuche par ma faute alors que mon action envers elle n'avait pour seul but que de lui éviter une chute. J'entrevis alors, par-dessus son fardeau et dans les maigres interstices entre les feuilles de sa plante verte - mais comment faisait-elle pour se déplacer avec un champ de vision si étriqué, l'inconsciente ! - sa chevelure flamboyante qui me rappela immédiatement une jeune femme que j'avais connu au lycée. Un sourire fugace étira mes lèvres à ce souvenir ; je me demandai bien ce qu'elle était devenue.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mar 2 Aoû - 22:14

Abigael O'Kelly a écrit:
An incredible meeting

William

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Chargée de mes paquets, j’avançai d’un pas tranquille mais sûr sur le trottoir lorsque j’entendis nettement une voix me mettre en garde. Etait-ce pour moi d’ailleurs ?

- "Quoi?"

Interdite, je stoppai net. Je me sentis un peu gourde, plantée là comme une cucurbitacée pas assez mûre pour être ramassée. Je tentais de voir au travers du feuillage de la fougère récemment acquise, mais je n’y voyais rien. La voix me disait vaguement quelque chose, mais c’était de l’ordre de la sensation. Cela n’avait rien d’objectif. Finalement, je revus la façon de placer mes mains autour des colis et je fis glisser ma main droite sur le paquet du devant, ce qui eut le mérite d’ouvrir mon champ visuel. Mes yeux, cachés peu de temps avant derrière les fleurons des orchidées en floraison, apparurent. Je restais comme deux ronds de flan à observer le visage d’un homme que je n’aurais jamais cru revoir un jour. William.

Je ne savais pas vraiment s’il me reconnaissait mais je ne l’aidais pas non plus à le faire. Mes paquets me mangeaient la moitié du visage. Difficile en ce cas de reconnaître quelqu’un… Je réajustai encore mes mains autour de mes paquets. Ils commençaient à être drôlement lourds.

- "Eh bien, le monde est petit…"

Je lui souris gentiment. Non, point de sarcasme ni de remarque pleine d’humour. Après tout, je ne savais même pas s’il se rappelait de moi.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mer 3 Aoû - 0:56

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Incroyable. Planté devant l'inconnue, les sourcils froncés, bouche bée, j'avais du mal à analyser ce que je voyais, si bien que je me demandais si mes yeux n'étaient pas abusés par quelque illusion. Cette crinière rousse m'avait immédiatement fait penser à elle, et peut-être qu'inconsciemment, mon esprit avait fait un transfert. Non, elle s'adressait à moi comme si elle me connaissait ; cette voix, ce regard, c'était bien elle.

Abigael.

Nullement préparé à cette rencontre fortuite, mon esprit mit quelques secondes avant de me redonner le contrôle de moi-même ; je devais vraiment avoir l'air d'un idiot à ne pas savoir quoi dire. Incrédule, même s'il n'y avait pas de doute possible, je prononçai son prénom dans un souffle.

« Abi ? »

Mon visage s'illumina instantanément ; elle se tenait là, devant moi, telle que dans mes souvenirs ; celle qui avait fait battre mon coeur pour la toute première fois. Réalisant à nouveau qu'elle croulait sous les paquets, je me hâtais, avec un temps de retard impardonnable, de la soulager de ses colis.

« Laisse-moi donc t'aider à porter tout ça. »

Sans attendre une quelconque approbation de sa part, je saisis le tout, ne lui laissant que l'orchidée. Je l'observai à nouveau, ayant à présent une vue complète sur sa personne ; elle n'avait pas changé d'un pouce, toujours aussi resplendissante qu'à l'époque du lycée.

« Si je m'attendais à cela, c'est une sacrée surprise. Qu'est-ce que tu fais à Seattle ? Tu habites ici ? »

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mer 3 Aoû - 2:48

An incredible meeting

William

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William était parti vers l’Europe en cours d’année. Nous avions gardé le contact un moment et le temps fit le reste. Des missives qui s’espacent et puis un jour plus rien. C’était la vie. Il avait mené la sienne et moi la mienne. Et voilà qu’on se retrouvait maintenant. La vie était tout de même étonnante !

J’avais l’avantage de la situation. Je l’avais reconnu avant qu’il ne me reconnaisse, j’en profitais bien. Je laissais mon regard dériver sur son visage, le cou et son torse. Il était conforme au souvenir que j’avais gardé de lui. Il semblait plus sûr de lui me semblait-il ou alors n’était-ce qu’une impression ? En tous les cas, il n’avait toujours pas de ridules autour des yeux et cette simple idée me fit sourire. Le souvenir d’une conversation que je n’avais pu oublier.

Il mit un sacré bout de temps à réagir. Je reconnaissais que la rencontre avait de quoi surprendre, moi-même je ne le quittais pas du regard, encore surprise de le trouver sur mon chemin en plein dans le quartier où je résidais. Sous mes yeux, son visage passa par des expressions successives. La surprise, l’incompréhension jusqu’à ce qu’il me reconnaisse enfin. Il m’appela par mon diminutif. Je lui souris. Il semblait content de me voir. C’était un bon début.

William m’observa encore quelques instants comme s’il n’arrivait pas à y croire. Puis il se précipita pour prendre mes paquets que je portais maintenant avec difficulté. Je le remerciais d’un sourire tout en remuant mes avant-bras engourdis.

- « Merci, c’est gentil… J’avoue que mes bras sont en compote. »

Il me tendit l’orchidée et je l’attrapais machinalement. Je sentis son regard glisser sur moi. Et puis fatalement, il me posa la question à 1 million de dollars.

- « Oui… J’habite là-bas ! Au 24 de cette rue. Regarde, on aperçoit la porte d’ici ! C’est la porte jaune. »

Je lui montrais où se situait l’entrée de mon appartement. Je me sentis un peu bête avec mon orchidée dans les mains alors qu’il portait toutes mes courses…

- «  Ne t’inquiète pas, je ne vais pas t’imposer cette charge longtemps… Si tu veux, je t’offre quelque chose à boire et puis je vais t’expliquer le pourquoi de ma présence à Seattle plus en détails… Sans doute pourras-tu me dire aussi ce que tu fais ici ! Ça te va ? Et j’ai acheté du thé d’enfer ! Tu vas voir, c’est celui que je préfère ! »

Sur ces bonnes paroles, je pris l’initiative de tracer la route. Les paquets étaient lourds. Nul besoin d’épiloguer. Nous primes donc la direction de mon appartement. Nous arrivâmes assez rapidement. J’avais sorti mon trousseau de clefs et je lui ouvris la porte pour qu’il puisse entrer. Il s’engouffra dans le vestibule et je refermais derrière lui, puis me débarrassais de mon foulard et de mon sac sur la console de l’entrée. Je le rejoignis.

Mon appartement était un duplex. L’entrée amenait à une petite chambre avec salle de bain sur la droite et plus loin s’ouvrait une pièce vaste et lumineuse constituée d’une petite cuisine américaine, pratique avec de nombreux rangements, et d’un séjour assez vaste. J’avais réussi à caser un canapé en velours vert recouvert de quelques coussins colorés, deux fauteuils clubs en cuir et une table basse. Entre les fenêtres qui donnaient sur la rue, j’avais organisé un endroit pour mes lectures. Les livres auxquels je tenais le plus patientaient sagement dans la bibliothèque. De la littérature américaine. Keats. Kerouac. Steinbeck et quelques autres. Mes livres sur Ténébreuse. Quelques ouvrages français aussi. Simone de Beauvoir. Jacques Prévert. Hugo. Rimbaud... Mon bureau tout à côté avec mon ordinateur posé dessus, quelques livres de médecine et une photo de Jaimie. Ma contrebasse rangée dans son étui dans le coin de la fenêtre. Quelques poster sur l'art nouveau sur les murs. L’ensemble était pratique et chaleureux. Contre le mur porteur, un escalier menait à une mezzanine. J’y avais installé ma chambre. Un très grand lit. J’aimais bien le côté ouvert. Et de là, j’avais tout sous mon regard.

Je jetais un rapide coup d'oeil sur l'état du séjour. Ça allait, pas de  pagaille. J'attrapais bien vite quelques vêtements posés sur le dossier du canapé et les remisais sur une marche de l'escalier. Je les prendrai pour les ranger la prochaine fois que je monterai. D'un geste, je l'encourageais à se décharger.

- « Vas-y, pose tout ça sur la table… »

Je lui souris. Je n’en revenais toujours pas.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mar 9 Aoû - 0:26

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Incroyable. Non seulement j'avais retrouvé Abigael mais, en plus de cela, elle m'apprenait qu'elle habitait un peu plus bas dans la rue. Ma rue. Etait-ce le destin ? Je suivis du regard son indication, repérant la fameuse porte jaune qui marquait l'entrée de son chez elle ; oui, nous n'étions séparés que de quelques portes. Je n'en revenais pas.

« Est-ce que tu me croirais si je te disais que j'habite au numéro trente-deux ? »

Elle profita que je lui serve de porteur pour m'inviter à prendre le thé chez elle. Une proposition que je n'aurais refusé pour rien au monde. J'étais sincèrement ravi de la revoir, à quel point je n'aurais pu le déterminer sur le champ, c'était bien trop soudain.

Les paquets étaient lourds mais rien d'insurmontable ; j'étais en assez bonne condition physique pour que ce ne soit qu'un détail. Pourtant, je ne pus m'empêcher de la taquiner, instinctivement, comme au bon vieux temps.

« J'y compte bien ! Qu'est-ce que tu as là-dedans, des pierres ? »

Je feins de trouver les paquets trop lourds à porter alors qu'il n'en était rien. Pour l'amuser, probablement, comme je le faisais habituellement à l'époque du lycée. Comme quoi, certains automatismes avaient la vie dure.

Une fois chez elle, Abigael m'enjoignit de déposer ses affaires sur la table, ce que je fis avec précaution. Je jetais alors un coup d'oeil à la circulaire et inspectai ce nouvel environnement. Son duplex était aménagé avec goût ; très lumineux, il regorgeait de livres, de quelques éléments décoratifs et d'un gigantesque instrument de musique rangé dans son étui, une contrebasse à n'en point douter. Je remarquai sur son bureau la photographie d'un gars de nos âges, à la chevelure aussi flamboyante que celle d'Abi. Je me demandai bien de qui il s'agissait.

Je fis quelques pas, m'avançant un peu au hasard dans la pièce à la manière d'un étranger en terre inconnue et hochai la tête avec approbation.

« Tu sembles très bien installée. »

Courte pause.

« Alors, dis-moi tout. Tu es à Seattle depuis combien de temps ? »

Car oui, j'avais vraiment envie de savoir ce qu'elle était devenue depuis que nous nous étions perdus de vue, quelques années plus tôt. Physiquement, en tout cas, Abigael était toujours aussi ravissante. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres ; faisaient-elles toujours des tresses ?

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mar 9 Aoû - 12:13

An incredible meeting

William

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Il me répondit à brûle-point qu'il vivait au numéro trente-deux de la même rue. Je plantais mon regard dans le sien, médusée. J'avais du mal à le croire. Plaisantait-il? Et en observant son regard clair, je m'aperçus qu'il disait la vérité. J'en fus stupéfaite. Un tel hasard...

- "Au trente-deux? Ça me parait incroyable... Mais si tu le dis, je te crois! Mais ça me parait toujours incroyable..."

Je lui souris légèrement.

Ma proposition sembla lui plaire. Il accepta sans réserve mais il ne put s'empêcher de me titiller légèrement. Cela me fit songer à notre ancienne relation. Lui semblait la reprendre là où elle s'était arrêtée.

- "Des pierres? Juste le strict nécessaire pour quelques jours... Je me suis aperçue ce matin que je n'avais plus grand chose dans mon frigo. Je suis désolée, c'est bien lourd tout de même..."

Je me sentis encore plus embêtée avec mon orchidée dans les mains. Lui portait tout... Je me tus.

Alors que je l'avais encouragé à le faire, il déposa mes sacs de courses avec précaution sur la table et fit quelques pas ensuite en observant les lieux. Je l'observais discrètement faire alors que je commençais à ranger mes achats. Il brisa le silence le premier, m'indiquant que j'étais bien installée. Je hochais la tête machinalement tout en rangeant quelques achats dans le frigo.

- "Oui... J'aime bien cet appartement. Lorsqu'on me l'a proposé, j'ai saisi l'opportunité. C'est assez grand pour que je puisse jouer de mon instrument sans être gênée. Et j'aime le côté très ouvert de ce duplex. De ma chambre là haut, je vois tout."

Il embraya la conversation sur ce qui me faisait être à Seattle. Je le reconnus bien là. Sa curiosité était piquée et il alla droit au but. Je fis une courte pause dans mon rangement pour lui répondre.

- "Je suis arrivée depuis relativement peu de temps... Je viens poursuivre mes études. Et toi?"

J'attendis sa réponse un peu curieuse.
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mar 9 Aoû - 19:35

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Je n'étais pas le seul à être étonné, Abigael aussi n'en revenait pas de cette coïncidence qui nous rassemblait après tant d'années ; nous étions presque voisins. Elle avait du mal à admettre que nous vivions à présent à quelques mètres l'un de l'autre, et moi aussi.

Elle m'avoua ce que contenaient ses paquets à savoir des vivres pour la semaine. Elle paraissait embêtée de me laisser tout porter alors qu'elle n'avait que son orchidée dans les bras.

« Quel genre d'homme je serais si je ne portais pas les courses bien trop lourdes d'une frêle jeune femme ? Ne t'en fais pas pour moi. »

Je ne minimisais pas les capacités d'Abi, je la savais très capable de se débrouiller seule. Non, c'était juste dans mes habitudes de me montrer galant envers la gente féminine, purement et simplement.

Une fois chez elle, pendant qu'elle s'affairait à ranger ses affaires, ce fut à mon tour de prendre mon temps pour l'admirer. Elle n'avait pas changé, toujours aussi fraîche, aussi belle que dans mes souvenirs. Elle parlait de son lieu de vie avec chaleur, elle appréciait de résider dans cet endroit. J'acquiesçais en hochant la tête, je devais reconnaître que son appartement était agréable ; je souris en réalisant que c'était la première fois que je voyais son foyer. A l'époque du lycée, je n'étais jamais rentré chez elle, pas une seule fois. Un jour, en première année, j'étais allé lui apporter ses devoirs en raison de son absence, mais c'était sa mère qui était venue à la porte, me remerciant d'avoir pris cette peine mais m'informant que sa fille était trop faible pour recevoir de la visite. Je n'avais évidemment pas insisté.

Et finalement, le sujet qui m'intéressait le plus : la raison de sa présence à Seattle. J'écarquillai les yeux devant cette autre coïncidence.

« Figure-toi que c'est la même chose en ce qui me concerne. Je suis arrivé de France il y a environ quatre jours, ou cinq je ne sais plus, le temps passe tellement vite, pour suivre ma première année d'internat au Grey Sloan Memorial Hospital afin de poursuivre mon cursus médical et me spécialiser en chirurgie pédiatrique. Et toi, quelles études t'amènent dans la jolie ville de Seattle ? »

Lorsque nous avions perdu contact, je ne savais pas encore à quelle carrière elle se destinait ; j'étais donc désireux d'en savoir plus.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Jeu 11 Aoû - 14:02

An incredible meeting

William

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William me rassura. Un peu moins mal à l'aise, je lui souris. Heureusement, nous nous rapprochions de la porte de mon appartement. Il serait bientôt délivré de son fardeau.

- "Je ne suis pas si frêle que j'en ai l'air, hein!"

Je me mis à observer les jolis fleurons blancs de mon orchidée. Je savais déjà où la mettre : sur mon bureau. L'autre, je la mettrai dans la bibliothèque. Restait un endroit à trouver pour placer la fougère. Sur le bar peut être ou dans ma chambre...

Tandis que je lui expliquais le pourquoi de ma présence à Seattle, il sembla stupéfait. Je lui souris gentiment. J'avais toujours aimé le surprendre et je retrouvais aujourd'hui une impression de déjà vu. C'était un peu étrange d'ailleurs. Comme si nous nous retrouvions sans que rien n'ait changé entre nous. Enfin rien... Je me remémorais notre dernière rencontre. Elle s'était révélée un peu ambiguë. Je ne savais comment me positionner vis à vis de cela, aussi je choisis de la mettre de côté. C'était bien moins perturbant et puis de l’eau avait coulé sous les ponts depuis. J'avais changé et certainement que lui aussi.

Et puis, il m'apprit tout à trac qu'il commençait son internat au Grey Sloan Memorial Hospital. Il voulait devenir pédiatre. Mon sourire s'effaça et je perdis sans doute de ma superbe à l'observer en écarquillant les yeux. Comment était-ce possible? Un tel hasard... Parmi tous les hôpitaux formateurs, il avait fallu que nous soyons pris tous les deux dans le même... Je répondis en un souffle.

- "Suivre ma première année d'internat au Grey Sloan Memorial Hospital."

Je guettai sa réaction. Il serait sans doute surpris par ma réponse mais surpris comment? Il y avait tant de façons de l'être...
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Ven 12 Aoû - 19:57

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

L'information mit quelques secondes à atteindre mon cerveau ; avais-je bien entendu ? Je réalisai à son changement d'expression quand je lui avais appris la raison de ma présence ici que j'avais bien compris : Abigael poursuivait des études médicales, elle était interne. En première année. Comme moi. Interne au Grey Sloan Memorial Hospital. Comme moi.

Je la dévisageai, incrédule, les sourcils relevés, la bouche à moitié entrouverte d'où rien ne parvenait à sortir, si ce n'est quelques sons étouffés qui ne voulaient rien dire. Puis, réalisant ce que cela signifiait, un large sourire illumina mon visage. Je m'approchai d'elle pour la serrer dans une étreinte amicale mais je me retins au dernier moment ; c'était bien trop familier et même si nous nous connaissions, de l'eau avait coulé sous les ponts et je ne souhaitais pas l'indisposer. Je posai donc seulement les mains sur ses bras que je pressai légèrement.

« C'est incroyable ! Mais ça veut dire qu'on va être ensemble, comme à l'époque du lycée ! »

J'avais du mal à y croire et ne pouvais contenir la joie que cette perspective me procurait. J'étais bien loin d'imaginer en me levant ce matin que je rencontrerais Abi, par hasard, que nous serons voisins et collègues. La vie pouvait être étrange parfois, mais dans le bon sens du terme.

Je la relâchai finalement pour faire quelques pas dans son appartement afin de canaliser un peu l'émotion qui m'envahissait. J'étais très content mais je n'étais tout de même plus un gamin, aussi allais-je éviter de sautiller comme une puce en tapant des mains. En fait, je ne savais pas exactement ce que je ressentais ; j'étais heureux de l'avoir retrouvée, mais mes sentiments étaient confus. De longues années s'étaient écoulées durant lesquelles j'avais pensé à elle assez souvent, nostalgique de l'époque où nous étions amis elle et moi, où j'avais des sentiments profonds à son égard sans avoir la maturité nécessaire pour les assumer pleinement. Je déplorai d'avoir perdu le contact, un peu par lâcheté j'en étais conscient.

Je levai mon regard vers elle, à la fois plus calme et plus anxieux. Elle était là, comme dans mes souvenirs, peut-être même encore plus belle qu'avant. Je lui souris.

« On fête ça avec une bonne tasse de thé dont tu m'as vanté la saveur tout à l'heure ? »

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Ven 12 Aoû - 23:50

An incredible meeting

William

&


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Le moment était cocasse. Je me mis à rire devant son air déconfit. J'avais peine à réaliser que nous allions passer les années à venir au même endroit. En ce qui me concernait, William avait disparu de mon univers un jour de printemps. Troublée par notre dernière entrevue, j'avais souvent songé à lui, mais ces pensées s'étaient progressivement espacées avec le temps jusqu'à disparaître. Et ma vie avait continué. J'avais travaillé dur pour atteindre mon objectif, suffisamment pour être admise à poursuivre mon internat au sein d'hôpitaux renommés, pour la plus grande fierté de mon père. Le Massachusetts General Hospital à Boston, Johns Hopkins Hospital à Baltimore et le Grey Sloan Memorial Hospital. J'avais choisi ce dernier en raison de sa réputation et surtout de mon désir d'indépendance. A Boston, mon père n'aurait pu s'empêcher de se mêler de mes études... Seattle étant à l'opposée sur la carte, j'avais choisi cette option. C'était une décision radiale mais j'aimais ce genre de défis.

J'observai le visage de William se métamorphoser alors que l'information faisait sens. Son visage se fendit d'un large sourire et très spontané, il s'approcha de moi. Je perçus son envie de me serrer contre lui et je soupirai de soulagement alors qu'il se contentait de me serrer les bras affectueusement. Une légère pression. Je lui souris légèrement, un peu intimidée alors qu'il s'exclamait très naturel que nous allions nous retrouver comme au lycée... J'étais un peu dubitative. Que voulait-il dire par là? La proximité avec lui me mettait mal à l'aise Je baissai le regard. J'attendais maintenant qu'il recule.

- "Ensemble? Si l'on veut... On risque de se côtoyer, c'est certain!"

Je ramenai mon regard vers lui. En quelques mots, j'avais signifié plus que je n'aurais voulu. Le temps avait passé. Une distance s'était installée et puis, il avait promis des choses qu'il n'avait pas été en mesure de respecter.

Il finit par me lâcher et fit quelques pas dans mon appartement. J'en profitai pour l'observer. Il était toujours aussi mignon. Un bref coup d’œil sur son torse et puis je me sentis un peu nouille, plantée comme ça entre le paquet de farine et le beurre de cacahuète. Alors, je repris le rangement de mes achats qui avait le mérite certain de m'occuper les mains. Je lui jetai tout de même quelques regards furtifs alors qu'il observais mon environnement. Un univers qui donnait à voir ce que j'étais, que je le veuille ou pas. Sa curiosité renseignée, William finit par se retourner vers moi en souriant. Je remarquai son regard glisser sur moi. Cela ne me mit pas mal à l'aise, c'était même agréable. Je le regardai plus franchement à mon tour alors qu'il m'incitait à faire du thé. Un bref hochement de tête.

-  "Ça marche! Je mets l'eau à chauffer."

Et profitant de cette tâche à effectuer, je pus garder ma distance. Je me retournai pour attraper la bouilloire et la remplir avec de l'eau minérale. Et puis j'appuyai sur le  bouton de mise en chauffe. L'appareil commença à bourdonner. Ça ne durerait pas longtemps. Le Darjeeling réclamait une eau à 85° C. L'eau n'allait pas tarder à être à température. Pour occuper le temps, j'attrapai deux tasses et les posai sur un plateau. Ma théière en fonte ensuite. Je me retournai vers William. Un bref sourire.

- "Ça ne va plus tarder... Installes-toi si tu veux... Enfin, tu fais comme chez toi."

Les mains prises, je lui désignai le salon d'un geste de la tête. Il ferait bien sûr ce qu'il voudrait. La bouilloire siffla et je me retournai pour ébouillanter la théière et vider l'eau. Je la remplis une seconde fois avant de remplir la pince à thé de quelques grammes de mon thé préféré : un Darjeeling, première récolte. Un thé vert pâle aux notes florales et fruitées. J'en buvais à tout moment de la journée. J'attrapai le pot empli de sucres avant de me rappeler qu'au lycée, William n'en mettait jamais dans son café. Je le mis de côté et j'attrapai le plateau. Direction le salon. En quelques pas, je fus rendue. Je lui souris une nouvelle fois et je posais mon plateau sur la table basse avant de m'asseoir en ramenant les plis de ma jupe sur mes genoux. Je servis le thé. Le liquide vert s'échappa de la théière en fumant. Une douce odeur végétale commença à se répandre. Je l'aimais comme ça. Brûlant et infusé légèrement.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Sam 13 Aoû - 18:33

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Ma réaction amusa Abigael et je ris à mon tour. C'était agréable de pouvoir rire à nouveau en sa compagnie, de pouvoir apprécier une fois de plus son rire cristallin ; je me rendais compte à quel point entendre ce doux son m'avait manqué. Elle tempéra néanmoins mes propos, arguant que nous officierions dans le même établissement mais pas forcément dans le même groupe d'internes. Qu'à cela ne tienne, savoir que nous pourrions nous voir de nouveau me suffisait ; même si ce n'était que cinq minutes une seule fois par semaine, c'était déjà préférable à toutes ces années de silence. Je me demandai ce qu'elle pensait sincèrement de nos retrouvailles et perçus comme une gêne par notre soudaine proximité ; j'avais eu raison de ne pas l'embarquer dans un câlin inopiné. Je la libérai, l'air de rien.

« Ne compte pas te débarrasser si facilement de moi cette fois. »

Un léger reproche dans l'intonation de ma voix qui était involontaire. Même si elle n'avait jamais répondu à ma dernière lettre, une certaine lâcheté m'avait empêché d'insister, mêlée au fait que j'avais traduit son silence par un besoin de se détacher de moi. J'avais respecté ma parole, après tout, celle que je lui avais donné il y a des lustres de ça, de rester à ses côtés aussi longtemps qu'elle le souhaitait. Techniquement, je n'étais pas vraiment à ses côtés puisque un océan nous séparait mais j'étais là pour elle ; m'aurait-elle demandé de la rejoindre que j'aurais sauté dans le premier avion, abandonnant tout derrière moi.

Je profitai de ce qu'elle s'occupe de préparer le thé pour examiner un peu plus en détails son appartement. Mon regard se posa à nouveau sur la photographie du jeune homme roux posé sur son bureau ; était-ce quelqu'un de sa famille ? Son petit-ami ? Quoi qu'il en soit, c'était quelqu'un de suffisamment important pour qu'elle l'affiche de la sorte. Je jetai un coup d'oeil dans sa direction alors qu'elle s'affairait dans la cuisine et esquissai un sourire affectueux.

Finalement, je me dirigeai vers son coin lecture et ses étagères remplies de livres ; quelques grands classiques de la littérature américaine et française, au milieu desquels trônaient fièrement plusieurs livres de Marion Zimmer Bradley et sa Romance de Ténébreuse, une série de fantasy que je connaissais grâce à Abigael et dont j'avais lu quelques tomes. D'ailleurs... Je penchai la tête sur le côté pour lire les titres imprimés sur les tranches et vérifier quelque chose : Rédécouverte manquait à l'appel. Le souvenir de notre dernière discussion me revint en mémoire, m'emplissant d'une soudaine nostalgie. Ne l'avait-elle pas remplacé, à moins qu'il ne se trouve ailleurs dans l'appartement ? Quelque chose au fond de moi souhaitait qu'elle ne l'ait pas fait.

Le son de ses pas et de sa voix m'arrachèrent à ma contemplation alors qu'elle venait avec son plateau, sa théière fumante d'où se dégageait une délicieuse senteur florale et fruitée et deux tasses. Je m'installai sur le canapé confortable et l'observai faire le service avec une certaine dextérité.

« Ca sent délicieusement bon. Qu'est-ce que c'est comme thé ? »

J'appréciai la boisson mais n'était pas un grand connaisseur. Elle avança une tasse devant moi et je la remerciai d'un sourire, réalisant un petit détail qui, jusqu'à présent, m'avait échappé : l'absence de sucre sur la table.

« Alors comme ça, tu te souviens que je ne prends jamais de sucre ? »

Il pouvait s'agir d'un simple oubli de sa part, mais je préférai m'en tenir à ma propre interprétation.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Sam 13 Aoû - 23:02

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



La proximité avec lui me mettait mal à l'aise et c'est avec soulagement que je le vis mettre un peu d'espace entre nous. Et puis ces paroles... Le ton surtout me fit ramener mon visage dans sa direction. Franchement gonflé, le garçon! Je plantai mon regard dans le sien et répliquai immédiatement.

- "Comment ça, me débarrasser de toi? Primo, je te rappelle que c'est toi qui est parti. Et secondo, tu n'as pas daigné répondre à ma dernière lettre! Lettre dans laquelle je t'informais par ailleurs que j'accompagnais ma mère dans son voyage à Paris pour réaliser une expo avec un collectif d'artistes de Boston! D'ailleurs j'y suis allée et je suis restée trois semaines!"

C'était vrai. Je lui avais toujours répondu et souvent des pavés d'ailleurs... Et puis il n'avait plus répondu mais alors plus rien! J'avais pensé que peut être mes lettres l'avaient barbé ou qu'il était passé à autre chose. J'avais pas osé le relancer. J'avais eu peur d'être importune, comme un vieil objet dont on ne sait pas comment se débarrasser. Ca m'avait fait mal mais j'avais laissé couler. C'était assez banal somme toute et j'allais pas faire ma pleureuse grecque. Et puis j'avais ma fierté aussi! J'étais pas fille d'irlandais pour rien!

Tandis que je m'affairai, je le vis observer mon appartement en détails. Je ne sus pas vraiment ce qu'il pouvait en penser car il garda le silence... Il agissait comme s'il aspirait à savoir quelle personne j'étais à présent. Il jeta un long regard à la photo de Jaimie posée sur mon bureau. Je perçus de la curiosité à son endroit et je souris machinalement. J'aimais Jaimie plus que tout et il me le rendait bien d'ailleurs. Il se dirigea ensuite vers mes livres, mais là je ne sus pas ce qui piqua sa curiosité. Il n'empêche qu'il resta un moment à les regarder comme s'il les connaissait. Mon impression devait être fausse... Qui connaissait cette série? Je retournai à la préparation de mon thé.

J'avais servi le thé et il revint s'asseoir. Curieux, il me questionna sur le thé que j'avais utilisé. Je le renseignai volontiers.

- "Eh bien c'est un Darjeeling primeur, une récolte de printemps. C'est un thé noir cultivé sur les contreforts de l'Himalaya. J'aime son côté très parfumé, sa légèreté et son odeur. Je le trouve très délicat et désaltérant. J'en bois beaucoup et surtout quand je révise mes cours. Je crois me souvenir que tu préfères le café toi, c'est ça?"

Je me tus. Le sujet me passionnait, mais sans doute que ça ne devait pas l'intéresser des masses... Il me remercia d'un sourire. Je fis d e même et attrapai ma tasse dans les mains. Sa chaleur me fis du bien et se diffusa dans mes doigts. Je la rapprochai de mes lèvres alors qu'il me demandait à brule point si je m'étais rappelée qu'il ne prenait pas de sucre. J'éloignai la tasse pour lui sourire en retour.

- "J'avais pu le remarquer, oui... Tu sais, à la cafétéria..."

J'approchai une nouvelle fois la tasse de mes lèvres et je bus doucement une gorgée brûlante de Darjeeling. Il était pile comme je l'aimais. Je posai ma tasse devant moi pour enchaîner sur la conversation.

- "Alors, dis moi tout! Qu'est ce que tu deviens?"

Je voulais savoir qui il était devenu. Mon regard se posa sur lui. J'attendis d'entendre sa réponse. Je me demandai vaguement ce qu'il avait vécu toutes ces années où nous nous étions perdus de vue. Je ne savais pas comment il avait évolué.
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Dim 14 Aoû - 0:35

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Sans voix. Sa réponse, teintée de reproche me laissa sans voix. Je ne comprenais pas de quoi elle parlait et l'incrédulité devait se lire sur mon visage. Je fronçai les sourcils, fouillant dans mes souvenirs. Non. Une lettre comme celle-là, je ne l'aurais définitivement pas oubliée. Je levai un regard perdu vers elle, à l'image d'un animal abandonné sur l'autoroute.

« Tu... tu es venue à Paris ? Tr... trois semaines ? »

Je secouai la tête, abasourdi par la nouvelle. Elle était venue à Paris. J'aurais pu la voir. Pourquoi n'avais-je pas reçu cette fichue lettre ?! Je fis un pas vers elle, noyé dans l'incompréhension.

« Mais quand ? Quand ? Quand est-ce que tu m'as envoyé cette lettre ? Quand est-ce que tu es venue à Paris ? »

J'étais anéanti à un point, mes épaules s'affaissèrent et je me passai la main nerveusement dans les cheveux, cherchant à mettre de l'ordre dans tout ça. Pendant tout ce temps, toutes ces années, je croyais qu'elle avait fait un trait sur moi, qu'elle avait fait son choix. Et voilà qu'elle me révélait que tout n'était qu'un quiproquo et... que je l'avais abandonné ? Effaré, mes yeux glissèrent vers elle quand je compris ce que cela signifiait.

« Je t'ai abandonnée. Oh, Abi, je... je suis désolé. Je croyais que... Excuse-moi. »

Les mots mourraient dans ma bouche. Concrètement, ce n'était pas ma faute si je n'avais jamais reçu sa lettre, mais je n'y pouvais rien, je me sentais coupable, coupable de lui en avoir voulu de me laisser en plan, coupable qu'elle pense la même chose de son côté, coupable de ne pas avoir su vaincre ma lâcheté pour la recontacter en n'ayant plus de ses nouvelles. Mais, paradoxalement, je sentis comme un poids que je pensais disparu depuis longtemps se retirer de mes épaules et cela me rasséréna un peu de savoir qu'il ne s'agissait que d'un malentendu et qu'elle n'avait pas délibérément coupé les ponts. Je maudissais tout de même cette malchance, ne pouvant m'empêcher de me dire que tout aurait peut-être été différent.

L'effet de surprise passé et la nouvelle digérée, elle m'expliqua la provenance du Darjeeling qu'elle nous avait servi et je trempai doucement mes lèvres pour y goûter sans me brûler, hochant la tête pour confirmer que j'étais effectivement plus café que thé, même si j'appréciai d'en boire régulièrement.

« Il est effectivement très bon, assez léger. C'est comme ça que je l'apprécie, pas trop infusé. »

Elle me confirma qu'elle se souvenait pour le sucre, évoquant la cafétéria. Cette simple constatation me fit chaud au coeur et je ne pus réprimer un sourire de satisfaction. Elle devint ensuite plus curieuse, me demandant enfin à quoi se résumait ma vie à présent. Je posai ma tasse et pris une inspiration pour me préparer à répondre.

« Eh bien, comme je te le disais, je suis rentré aux Etats-Unis il y a quelques jours. Quand j'ai quitté le lycée de Boston, j'ai passé deux ans à Londres puis avec mes parents, nous avons déménagé à Paris, où je suis resté durant ces dernières années. C'est ma meilleure amie Helly qui m'a trouvé mon appartement d'ailleurs ; comme j'étais encore en France, elle s'est chargée de presque tout. Elle habite elle aussi dans cette même rue, au 13 si mes souvenirs sont bons et travaille comme nutritionniste au Grey Sloan. Quoi d'autre... Je continue à jouer de la guitare même si je ne suis plus dans un groupe depuis des années maintenant. »

Je désignai son instrument d'un signe de la tête.

« Et toi, tu joues toujours de la contrebasse ou elle fait juste office d'objet décoratif ?

Je savais qu'elle en jouait depuis l'âge de neuf ans mais je n'avais jamais eu le plaisir de l'écouter. Un jour peut-être.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Dim 14 Aoû - 2:18

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Suite à ma sortie, William me regarda stupéfait et sous mes yeux, son visage se décomposa lentement. J'avais été directe, peut être trop... Je me le reprochais maintenant, réalisant qu'il ne comprenait pas de quoi je parlais. Se pouvait-il qu'il n'ait pas reçu ma lettre? Quand même... A notre époque, les courriers perdus ça n’existait plus... Il n'empêche que son regard meurtri me fit songer le contraire. Troublée, je mordillai ma lèvre inférieure. A vrai dire, je ne savais pas vraiment ce qui me touchait le plus en cet instant. La réaction de William ou le fait d'apprendre qu'il ne m'avait pas repoussée au final... Je répondis à sa question d'une voix douce.

- "Eh bien, je suis restée trois semaines. A Paris..."

Et je décidai de tout lui expliquer.

- "Ma mère est peintre. Il y a quelques années, elle s'est lancée dans la sculpture et a fondé avec quelques autres artistes de Boston, le collectif Xian... Tu ne dois pas connaître... Le musée d'art moderne a exposé leurs œuvres. C'était il y a cinq ans. En juillet. Je crois me rappeler que ma mère m'a proposé de l'accompagner quelques semaines avant l'expo et j'étais tellement contente que je t'ai écrit immédiatement pour te l'annoncer. Je suis désolée, je vois que je te l'apprends... Je pensais que tu ne voulais plus me voir. J'ai songé que j'étais sans doute devenue encombrante.

Je haussai les épaules, cherchant une contenance. Ça m'avait fiché un coup de le savoir présent dans cette ville et penser qu'il se fichait de ma venue. J'avais tué le temps en profitant des plaisirs de la vie parisienne. J'avais écumé les musées et les salles de concert. Le soir, nous sortions beaucoup avec ma mère et ses amis. J'avais beaucoup ri avec eux. J'avais bien demandé à mon père au téléphone si j'avais pas reçu de courrier de William en mon absence, mais il fallait bien se rendre à l'évidence. Il n'avait pas écrit et j'avais pas osé débarquer chez lui, bien qu'ayant son adresse. Je voyais trop bien le truc. Me pointer et le trouver en galante compagnie. J'étais pas maso. Et puis au bout de trois semaines, j'avais embarqué dans un avion et m'en étais retournée chez moi.

William s'excusa platement. Je glissai un regard vers lui. Je ne savais pas trop quoi dire et c'était assez rare pour le souligner. Je hochai finalement la tête. Il disait vrai, il m'avait abandonnée. Il le reconnaissait au moins... Cependant, si je voulais être honnête il me fallait reconnaître qu'il s'agissait plus d'un quiproquo qu'un abandon stricto sensu.

- "Tu croyais quoi? Que je voulais plus t'écrire?"

Je souris, amusée de cette idée qu'il avait eu et que j'avais eue aussi.

- "Eh bien, je crois que ma lettre s'est perdue... c'est dommage tout de même... J'étais logée chez des amis de ma mère à Montmartre. J'ai passé trois semaines à flâner et à sortir. On aurait pu se voir et faire des choses ensemble... Ma mère était très prise en plus par son expo. Enfin, on ne peut raccommoder un œuf brisé, hein!"

Je ne savais pas trop comment le consoler. Le contact physique me mettait souvent mal à l'aise. Je décidai cependant de faire un effort. Je m'approchai de lui et posai une main sur son bras.

- "Tu n'es pas le seul fautif. J'avais ton adresse et je n'ai pas osé débarquer... Je suis désolée. Je suis une nouille, tu vois!"

Je lui souris tentant de le ramener à une humeur moins morose.

William goûta le Darjeeling et sembla le trouver à son goût. Et puis il me confirma mon intuition première à savoir qu'il était plutôt adepte de café.

- "Je hais le thé de Ceylan hyper infusé comme l'aiment à boire les britanniques! Ça me donne la nausée. J'aime plutôt les thés délicats comme celui-là. Mais j'aime bien le café aussi. De toute façon, c'est la même molécule."

Il répondit à ma question et rentra même dans les détails en m'apprenant l'existence d'une meilleure amie. Je hochai la tête. il semblait être bien entouré. Il m'apprit jouer de la guitare et finit par désigner ma contrebasse d'un geste, s'informant si je jouais toujours ou si l'instrument servait de décoration. A ces mots, je ris légèrement. Une contrebasse en guise de déco! Quelle idée!

- "Ce serait une déco bien encombrante! non... Je joue de temps à autre, mais pas assez... Il faudrait que je pratique tous les jours mais avec mes études, ce n'est pas facile de trouver du temps! C'est pareil pour la danse. Je crois même que c'est pire... Je me suis inscrite à un cours, mais j'irai quand je le pourrai."

J'attrapai une nouvelle fois ma tasse pour boire quelques gorgées de thé et la gardai entre les mains. Je jetai un bref regard vers la fenêtre. La lumière entrait à flot dans la pièce. L'instant était plutôt agréable. Je revins vers lui, un léger sourire sur les lèvres.
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Dim 14 Aoû - 19:06

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

L'entendre me narrer son séjour dans la capitale parisienne cinq ans plus tôt me laissa pantois. Lentement, je réalisais ce que cela signifiait et l'opportunité qui m'avait alors filée entre les doigts. Grâce au travail de sa mère, Abigael était restée en France trois semaines, trois longues semaines durant lesquelles j'aurais pu la voir, et peut-être trouvé enfin le courage de lui dire ce que j'avais sur le coeur. Nous correspondions par courrier, à l'ancienne, une façon de faire considérée comme désuète par les jeunes de notre âge déjà à l'époque mais j'appréciais nos échanges ; curieusement, nos lettres me donnaient l'impression d'entretenir avec elle une relation plus particulière, plus intime que si nous avions communiqué par téléphone. Verba volant, scripta manent, les paroles s'envolent, les écrits restent. Pourtant, je n'avais jamais pu lui avouer mes sentiments par ce biais, c'était impensable ; on n'avouait pas à une fille que l'on était fou d'elle sans l'avoir en face de soi.

Les années avaient passé, de l'eau avait coulé sous les ponts et j'avais fini par faire mon deuil de cette hypothétique relation, croyant faussement qu'elle avait décidé de prendre le large vers d'autres horizons. J'avais laissé faire, pensant respecter sa volonté et j'apprenais aujourd'hui que par un caprice du destin, je m'étais fourvoyé. Sa voix résonnait dans l'appartement. Elle ne m'avouait pas clairement dans quel état cet abandon de ma part l'avait mise, sur ce point elle n'avait pas changé d'un poil, mais je percevais que cette rupture de contact l'avait affectée et, même si elle cherchait à me rassurer en m'affirmant que je n'étais pas le seul responsable, je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable.

Je l'avais laissé parler sans l'interrompre, trop abasourdi par ce que j'entendais et je fus surpris lorsqu'elle posa gentiment la main sur mon bras pour me consoler. D'après mes souvenirs, Abi n'était pas très tactile et j'étais touché qu'elle se résigne à faire cet effort pour moi. Je plongeai mon regard dans le sien, esquissant du mieux possible un léger sourire ; c'était un choc pour moi et cela faisait beaucoup à encaisser d'un coup. Apparemment, cette page de ma vie que je pensais avoir réussi à tourner ne l'était pas totalement.

« Non, tu n'es pas une nouille, ta réaction est au contraire parfaitement logique. Tu m'annonces ta venue et tu ne reçois aucune réponse de ma part. J'imagine très bien l'effet que cela a eu sur toi ; dans ces circonstances, je te voyais mal sonner à ma porte sans te dire que tu m'imposais ta présence. »

Je soupirai ostensiblement ; je ne savais pas si j'étais plus affecté par le fait d'avoir loupé le coche à cette époque que par l'idée de lui avoir fait de la peine, même si je n'étais pas véritablement coupable. Elle avait dû se sentir abandonnée, trahie et en déduire que ma parole d'être là pour elle ne valait pas un clou. Je levai la main pour attraper une mèche de ses cheveux qui pendait devant son visage pour la replacer délicatement derrière son oreille en ne faisant qu'effleurer sa peau et je lui souris tendrement en poursuivant ma pensée.

« J'aurais réagi de la même façon à ta place. Je l'ai fait d'ailleurs, quand j'ai pensé, à tort, que tu ne voulais plus de moi dans ta vie. Je t'avais fait la promesse d'être là aussi longtemps que tu le déciderais et j'ai cru que ce soudain silence de ta part signifiait que tu avais choisi. »

Je poussai un petit soupir désabusé en secouant la tête.

« Je suis stupide. A aucun moment je n'ai imaginé que cette interruption dans notre correspondance pouvait avoir une autre cause. J'étais tellement... je voulais tenir ma parole et... j'ai choisi d'accepter et de respecter ta décision, quoi qu'il ait pu m'en coûter. »

Abigael avait raison, on ne pouvait modifier le passé, ce qui était fait était fait, mais j'avais besoin de lui expliquer la situation telle que je l'avais vécue.

Lorsque la conversation s'orienta sur notre boisson, elle m'expliqua ses préférences en matière de thé que j'écoutais avec attention. Si l'occasion se présentait et qu'elle vint chez moi, autant détenir dans mes placards ce qu'elle appréciait et le lui préparer selon ses goûts. Elle se mit à rire quand j'évoquai l'éventualité que sa contrebasse lui serve de décoration, trouvant certainement l'idée saugrenue ; ce qui était le cas. Je soufflai sur ma tasse avant de boire une autre gorgée et penchai la tête sur le côté d'un air compréhensif quand elle mentionna le peu de temps libre qu'elle avait pour pratiquer ses loisirs.

« A qui le dis-tu. Je m'efforce chaque matin de me lever une heure plus tôt pour pouvoir courir un peu mais, tu vois, je me demande si, une fois que l'internat débutera, j'aurais suffisamment d'énergie pour continuer. »

Entre les heures de service, de garde et les séminaires mensuels auxquels nous devrons assister pour valider notre année, autant dire que notre emploi du temps serait des plus chargés. Mais c'était le prix à payer pour pouvoir exercer le métier que nous souhaitions.

« D'ailleurs, tu as déjà une idée du service dans lequel tu veux te spécialiser ? A moins que tu ne suives une formation en pharmacie ou odontologie ? »

C'est vrai, j'étais immédiatement parti sur le principe qu'elle poursuivait des études de médecine mais ce n'était pas la seule formation qui requérait un internat en hôpital.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Dim 14 Aoû - 21:46

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Alors que je parlais, je m’apercevais que William perdait contenance. Visiblement, notre perte de contact résultait d’un malheureux quiproquo. Et j’avais beau le savoir, je continuais de lui en vouloir un peu. La force de l’habitude sans doute. Tant d’année à croire qu’il m’avait abandonnée… C’était injuste, je le savais bien et je combattais ces idées de mon mieux, m’enjoignant à changer d’état d’esprit.

Il planta son regard dans le mien alors que je posai ma main sur son bras et me lança un pauvre sourire qui me serra le cœur. Et puis, il me répondit fort gentiment, m’indiquant qu’il comprenait fort bien pourquoi je n’avais pu me résoudre à toquer à sa porte alors que je me pensais importune. Je haussai les épaules et ne répondis rien. Je ne savais pas vraiment quoi répondre. Parler de Sean ? De mon  « angoisse d’abandon post traumatique » ? Ça réveillait en moi des choses douloureuses. Des choses que je n’aimais pas trop me rappeler. Sean et son regard grave posé sur moi. J’inspirai une grande bouffée d’air, maintenant oppressée. Je ne voulais plus penser à lui en cet instant et m’abîmai dans l’observation de sa chemise.  

Et puis, je ne sais pas, William sentit peut être mon désœuvrement car il replaça une mèche de cheveux derrière une de mes oreilles. Ce faisant, sa main effleura ma joue. Silencieuse, je ramenai mon regard vers lui, un peu perplexe suite à ce geste intime. Il me sourit et m’explicita les raisons de son silence. Je l’écoutai sans le couper, attentive aux mots qu’il utilisait spontanément pour s’exprimer. Quand il eut terminé, je balançai la tête doucement. Je comprenais sa réaction mais il me connaissait si mal... Des années à correspondre et s’apercevoir au final qu’il ne me connaissait pas du tout... J’étais douchée. Je répondis succinctement.

- "Respecter ma décision ? Je ne suis pas une lâche, William. Si j’avais voulu mettre de la distance entre nous, je te l’aurais dit en t’explicitant mes raisons… Je ne suis pas ce genre de fille, surtout en amitié."

Il me prenait pour qui au juste ? Sa réflexion me peina et je mis ce sentiment douloureux à distance. Pour la première fois avec lui, je me dévoilai un peu.

- "Enfin, je suis désolée mais… tu m’as déçue. Je suis injuste, je le sais bien. Après tout, tu me connais mal et sans doute que je te connais bien mal aussi… On n’a qu’à se dire qu’on reprend à zéro. Enfin, si tu le souhaites bien entendu."

Je ne savais pas vraiment ce qu'il allait dire. Il avait quelques éléments à charge contre lui et s'il acceptait, sans doute allait-il ramer quelque peu. Je n’allais pas lui accorder ma confiance comme ça… Il allait devoir m’apprivoiser, me rassurer. C'était pas gagné.

Les sujets suivants étaient bienvenus dans notre discussion et je me détendis imperceptiblement.  Il m’apprit qu’il faisait régulièrement du jogging et redoutait de ne plus pouvoir s’y adonner. Je hochai la tête. Et puis la discussion glissa sur les études. Après tout, nous venions à Seattle pour ça.

- "Eh bien, j’hésite entre la traumatologie et la cardiologie… J’aime le côté technique de la traumato et je trouve que la cardio a un attrait quasi mystique. Je suis musicienne. Les battements cardiaques m’évoquent une musique à laquelle je peine à résister. Si je pouvais ne pas choisir et me spécialiser dans les deux, ce serait parfait ! Je suis une éternelle insatisfaite, vois-tu !"

Je ris légèrement. Je ne savais pas du tout vers où j’allais me diriger. Je comptais sur les avis de mes professeurs. Et puis, peut être que je montrerais un don naturel pour une spécialité encore différente… J’étais ouverte à tout et surtout à laisser l’inconnu entrer dans ma vie.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Ven 19 Aoû - 23:44

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

La réaction d'Abigael n'était pas vraiment celle que j'escomptais ; je ne m'attendais pas à ce que mes explications effacent d'un revers de la main ces années de silence qui n'étaient en fait qu'un malentendu, mais je réalisai trop tardivement qu'elle avait mal interprété mes propos, lui prêtant des intentions lâches. Ce n'était bien évidemment pas le cas, l'idée même ne m'avait jamais effleurée, pas une seule fois, et pourtant, j'avais à l'époque cherché toutes les explications qui me semblaient plausibles.

En fin de compte, Abi avait parfaitement raison : nous nous connaissions bien mal tous les deux. C'était regrettable mais était-ce si surprenant que cela, au final ? Nous nous étions connus au lycée, nous avions correspondu quelques temps mais à bien y réfléchir, nous n'avions partagé ensemble que des sujets superficiels. Jamais, ni elle ni moi, n'avait pris la décision de s'ouvrir plus personnellement, par timidité, par crainte aussi peut-être. Je savais si peu de choses sur elle, sur son passé, son enfance, ses passions ; ce que j'avais appris sur elle n'était que le fruit du hasard de circonstance. Quant à moi, jamais je ne lui avais révélé mes sentiments profonds à son égard et je n'ai pas souvenir qu'elle m'ait jamais posé de questions vraiment intimes.

Je fermai les yeux et lâchai un bref soupir.

« Ce n'est pas ce que je voulais dire, Abi. Je n'ai jamais pensé que tu avais coupé les ponts sans prévenir intentionnellement. La distance, le temps qui passe tellement vite... Je me suis dit que tu devais avoir d'autres préoccupations, d'autres personnes plus proches de toi et que les jours, les semaines ont fini par se transformer en mois et en années. »

Les relations à distance n'étaient pas les plus simples à partager. La vie emportait les gens si facilement dans son tourbillon que ce qui n'était au départ qu'un court laps de temps finissait par devenir une éternité. Je lui souris tendrement en hochant la tête, acceptant sa proposition de repartir à zéro.

« Mais je suis d'accord avec toi, nous ne savons pas grand chose l'un sur l'autre ; si tu es d'accord, j'aimerais beaucoup y remédier. »

Je me redressai et lui tendit la main droite, le bras bien droit.

« Je m'appelle William Morrison, j'ai 25 ans, en première année d'internat en médecine au Grey Sloan Memorial Hospital. Enchanté de te rencontrer. »

Ce devait être un tantinet ridicule, mais c'est tout ce que j'avais trouvé pour détendre l'atmosphère et me rasséréner un peu. Je ne savais pas vers quoi cela nous mènerait, j'étais bien trop secoué pour réaliser mes propres sentiments, mais je n'avais pas envie de perdre une occasion comme celle-ci.

Une dégustation de thé plus tard, Abi exprimait son hésitation quant à la spécialité qu'elle tendait à suivre, étant partagée entre la traumatologie et la cardiologie. Je sirotai la boisson chaude au parfum floral, son doux arôme se déversant dans ma gorge.

« Si tu choisis la cardio, je veux bien être ton cobaye et te prêter mon coeur. »

Les mots venaient à peine de franchir mes lèvres que je me rendis compte de la bourde que je venais de commettre, ma phrase pouvant être mal interprétée ; et cela me gêna plus que je ne l'aurais imaginé.

« Enfin... je veux dire... pour des examens médicaux comme apprendre à interpréter un électro par exemple. »

Curieusement, ma bouche devint subitement pâteuse et je bus une nouvelle lampée de thé, me concentrant scrupuleusement comme si je craignais de laisser en échapper quelques gouttes. Ma température corporelle sembla elle aussi augmenter, à moins que ce ne soit simplement l'effet de la boisson chaude. J'essayai de m'en convaincre en tout cas.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Sam 20 Aoû - 2:41

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Je sentis que ma répartie avait porté. William sembla s’affaisser et soupira brièvement. Je l’écoutai m’expliquer comment il avait perçu la situation. Ses mots ne trouvaient pas de résonance en moi. Non, cette façon de penser là, ce n’était assurément pas la mienne.

- Sans doute que tu l’as vécu ainsi…

Je me tus. Je ne savais pas quoi dire. Et puis j’embrayai.

- J’ai fait la connaissance de nouvelles personnes, bien entendu… Cependant, je n’ai jamais voulu couper les ponts avec toi… Ça ne m’a pas traversé l’esprit une seule fois, William !

Non, pas une seule fois ! Je balançai la tête doucement de gauche à droite en signe de dénégation. Je baissai les yeux pour boire un peu de mon thé. Je terminai ma tasse et la remplit une seconde fois. Le liquide vert jaillit de la théière en fumant une nouvelle fois. Je posai immédiatement mes mains autour de ma tasse. Je réfléchissais à ses paroles. Quel quiproquo à la noix... J'espérais être en mesure de lui pardonner. Toute à mes réflexions, je mordillai ma lèvre inférieure doucement du bout des dents tandis que mon esprit tranchait. C'était un abandon par défaut. Je levai les yeux vers lui en esquissant un sourire et avisai ses lèvres charnues. Je soupirai fugacement et but une gorgée de thé. J'allais lui donner une seconde chance. Je la lui devais bien.

William concéda le fait que nous nous connaissions peu et se montra réceptif à ma proposition d’amitié. La suite m’étonna franchement et je restai comme deux ronds de flan à l’observer, médusée. Il semblait plus sûr de lui qu'au lycée! Un peu troublée, je finis par glisser une main dans celle qu’il me tendait en souriant.

- Moi c’est Abigael O’Kelly, la nymphe qui vit dans le bois d’à côté ! Mais tu peux m’appeler Abi !

Je ris légèrement. Une sottise pour amener de la distance… Ça m’arrivait souvent. Il n’empêche que sa main était douce contre la mienne et ça me faisait bizarre de le toucher. Et puis disons-le carrément, ça me ramenait des années en arrière.

William m’écouta sans me couper, manifestement curieux d’entendre ma réponse et puis me sortit un de ces trucs ! Mon cobaye ? Me prêter son cœur ? Je l’observai gravement, ne sachant que dire. Il blaguait! Oui, il devait sûrement blaguer... Et puis, il précisa sa pensée. J’avais l’impression qu’il se raccrochait aux branches. Du coup, je n'étais plus si sûre... Je lui souris néanmoins.

- Ah… C’est gentil… Je m’en rappellerai si j’ai besoin d’un cobaye. J’espère que je ne te l’abîmerai pas trop… Ton cœur, je veux dire...

J’avais l’impression d’être si nouille… J’en avais la gorge nouée. Sans prévenir je me levai pour aller chercher des biscuits au gingembre. Je le laissai à ses réflexions pour farfouiller dans un placard à la recherche du paquet orange et bleu que je connaissais si bien. Je n’avais rien dit d’extraordinaire, alors je ne m’inquiétai pas trop de ce qu’il pourrait comprendre. Ayant déniché le paquet aux couleurs criardes derrière un bocal de pickles, je revins m’asseoir en l’ouvrant et lui proposai quelques biscuits. Sans faire de manière, j’en attrapai un pour le poser près de ma tasse. Je le regardai avec, je l’espérai, un air détaché.
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Dim 21 Aoû - 14:55

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Entendre de sa bouche qu'elle n'avait jamais envisagé, pas une seule seconde, de couper les ponts avec moi me fit chaud au coeur autant que cela me démoralisa ; cette méconnaissance de l'autre, ce temps perdu à cause d'une malheureuse méprise... Je ne savais pas quoi lui répondre. Mon insécurité de l'époque par rapport à notre relation m'avait fait envisager la pire des solutions ; pourtant, à présent, alors qu'elle se trouvait devant moi, l'évidence me sautait au visage. J'étais vraiment le dernier des imbéciles et elle avait raison de m'en vouloir.

Pourtant, malgré sa rancune, elle était partante pour m'accorder une seconde chance. Ma façon de saisir l'occasion l'avait surprise mais elle prit le train en marche malgré tout, glissant sa main délicate dans la mienne. A son contact, je ne pus m'empêcher de caresser du pouce sa peau de pêche, ce qui m'arracha un sourire un brin nostalgique. Je n'avais plus envie de la laisser partir, jamais. J'inclinai légèrement la tête pour la saluer.

« J'apprécie particulièrement les balades en forêt, jolie Abi. Je pense que nous allons bien nous entendre. »

J'achevai ma phrase par une révérence tarabiscotée, accentuant l'absurdité de la scène mais permettant de revenir à une ambiance plus légère et détendue.

Ma maladresse verbale la prit par surprise autant que moi-même et je pouvais sentir une gêne s'installer tandis qu'elle me répondait gauchement à son tour. Je me raclai le fond de la gorge et frappai deux fois ma poitrine de mon poing fermé.

« Il est costaud ! Et je sais que tu en prendras soin. »

...

« Comme tout bon cardiologue bien sûr ! »

Non mais quel empoté, ma parole ! Vite, une diversion. Mon regard balaya l'appartement, cherchant à s'accrocher sur quelque chose qui me permettrait de me sortir de ce pétrin. Il s'arrêta sur la bibliothèque.

« Et sinon, je vois que tu es toujours une fervente lectrice. Tu lis quoi en ce moment ? Pour ma part, j'ai commencé la série Outlander de Diana Gabaldon. Tu connais ? Je n'ai regardé que le premier épisode de l'adaptation télévisée pour éviter de me faire spoiler l'histoire mais tout le monde autour de moi en parle. C'est comme pour Game of Thrones. Heureusement que j'ai tout lu avant la série de HBO parce que.... »

Je soupirai d'un air excédé. C'était tout moi ; quand je paniquais, je partais dans des monologues sans plus pouvoir m'arrêter. Je me demandais si je n'avais pas noyé Abigael sous mon flot de paroles.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Lun 22 Aoû - 8:37

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Il m’avait répondu sur le même ton et je lui souris, un peu amusée. Après ce semblant de civilités, j’allais récupérer ma main lorsqu’il me retint. Son pouce se fit caressant alors qu’il inclinait la tête pour me saluer. J’étais prise au piège ! Comment faire à présent pour récupérer ma main ? Et puis « jolie Abi » ? Je sentis le sang affluer à mon visage alors que ses caresses devenaient plus marquées. Spontanément, je commençai à ventiler doucement, tentant d’endiguer le phénomène que je pressentais spectaculaire. J’espérai de toutes mes forces ne pas virer au rouge cramoisi. La malédiction de nombreux roux, hélas... J’osai espérer un rose discret quasi invisible… Un joli rose poudré ? Couleur dragée à la rigueur ! Je priai intérieurement. Pitié, pas de rouge tomate, d’incarnat ou de vermillon ! Et puis cette main ! Quelle idée m’avait traversé l’esprit de la fourrer dans la sienne ? Ah, j’étais bien rendue maintenant ! Je cherchai à retrouver une contenance. Je mis de l’ordre dans mes priorités : répondre fissa et récupérer la main dont il s’était emparé avec tant de hardiesse.

Ma réponse n’avait pas été terrible mais ce qu’il répondit était encore pire ! Autant plaisanter ferme !

- Bien entendu ! et puis dans le pire des cas, je te ferai le coup de de la méchante reine avec Blanche Neige et le mettrai dans un coffret. Ce ne serait pas bon pour toi mais il me resterait un souvenir…

Je m’empressai de porter ma tasse de thé à mes lèvres et but quelques gorgées de thé brûlant en évitant de le regarder. Vite, un biscuit au gingembre ! William changea de sujet à mon grand soulagement et causa bouquins. J’étais soulagée. J’étais dans mon élément !

- Oui, toujours…

Il commença à parler mais s’égara rapidement dans un monologue interminable qui me fit songer que le sujet n’était pas si anodin que cela. Je l’écoutai longuement jusqu’à ce qu’il cesse de parler et pousse un léger soupir. Un ange passa. Nouvelle gorgée de thé. Et puis, je choisis de répondre aux questions qu’il m’avait posées. J’avais compris qu’il tentait maladroitement de me connaitre davantage. Je souris fugacement et répondis, afin de balayer toute gêne.

- Outlander ? j’ai lu les deux premiers tomes. J’ai beaucoup aimé le premier ! Et Game of Thrones, ça ne m’a pas plu… Brouillon. Trop de personnages et j’ai trouvé qu’il avait pompé pas mal d’univers pour créer le sien, dont Ténébreuse. Ça m’a agacée… Et une fois agacée, j’avais plus envie de lire les livres.

Je souris brièvement et me rappelai le dernier ouvrage que j’avais lu récemment. Il était encore sur le chevet de mon lit.

- Si tu veux savoir, je viens de finir le Kalevala, épopée composée de poésies populaires de la mythologie finnoise. Sais-tu que Tolkien l’a beaucoup étudié pour construire le Silmarillion et sa saga du Seigneur des anneaux ?

Et puis je revins vers l’hésitation marquée de sa fin de phrase. Qu’avait-il voulu dire qu’il n’avait pas dit ? J’étais curieuse maintenant !

- Mais tu n’as pas fini ta phrase… Parce que quoi?
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Mer 24 Aoû - 22:07

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

Sans m'en rendre compte, je réalisai que je m'étais emparé de sa main en la conservant dans la mienne plus que de raison. Mon geste avait dû la gêner puisque je pouvais voir que ses joues avaient un peu rosi, lui donnant un air candide à croquer. Elle me répondit avec de l'humour, comme elle le faisait à l'époque lorsqu'elle souhaitait éviter un sujet ou qu'elle était prise de court ; un peu comme moi, en fin de compte. Sur ce point, nous nous ressemblions étrangement.

Ne voulant pas la mettre mal à l'aise, je lâchai sa main à regret et la considérai d'un air circonspect. Garder mon coeur dans un coffret comme un souvenir ? Voilà qui pouvait s'avérer révélateur, à moins qu'il ne s'agisse simplement d'une formulation malheureuse. Encore une chose qui n'avait pas changé ; avec Abi, je ne savais jamais sur quel pied danser ni comment interpréter ses paroles.

« Je ne compte pas m'en aller cette fois. Je vais te stalker ma grande ! »

Je ris franchement à cette idée pour lui montrer que je plaisantais à moitié. Je n'allais pas la suivre comme son ombre mais à présent que je l'avais retrouvée, je ne comptais définitivement pas la perdre une nouvelle fois.

Nous échangeâmes quelques mots sur nos lectures récentes et préférences en matière de littérature. Sans surprise, elle avait apprécié lire Outlander mais reprochait un certain nombre de défauts à la saga de George R.R. Martin.

« Des similitudes avec l'univers de Ténébreuse ? Je n'ai pas vraiment remarqué mais il est vrai que je ne suis pas un spécialiste. A quel point de vue ?

En fait, je n'avais lu de Ténébreuse que le tome qu'Abigael m'avait donné au lycée et que j'avais gardé précieusement pendant toutes ces années. L'histoire m'avait plu mais je n'avais jamais cherché à approfondir ma connaissance de la série en lisant d'autres tomes, je n'étais pas vraiment sûr d'en connaître la raison d'ailleurs.

Je secouai la tête lorsqu'elle me parla du dernier ouvrage qu'elle venait de lire, ignorant de quoi il s'agissait, mais j'étais intrigué de connaître l'oeuvre dont s'était servi Tolkien pour créer son univers.

« Je l'ignorais, je n'ai même jamais entendu parler de ce livre. Puisque tu en as terminé la lecture, tu serais d'accord pour que je te l'emprunte ? »

J'étais autant intéressé de voir comment Tolkien s'était inspiré de ce livre que curieux de connaître les goûts littéraires d'Abi. Sa dernière question cependant me laissa perplexe et je fronçai les sourcils, faisant un effort de mémoire.

« Ah ! Rien de particulier en fait, je voulais juste dire que je supporte difficilement que l'on me révèle les éléments d'une intrigue que je suis en train de suivre, ça me gâche mon plaisir. J'aime découvrir les choses par moi-même. Pas toi ? »

Tout comme j'avais pris plaisir à découvrir les multiples facettes de la jeune personne en face de moi. De nombreuses zones d'ombre demeuraient et m'avaient presque rendu fou à l'époque, mais j'appréciais cette part de mystère qui l'entourait. Aujourd'hui, nous étions à nouveau réunis, nous avions grandi, mûri ; j'espérais que ce nouveau départ nous rapproche, elle et moi, et qu'un jour, elle me fasse suffisamment confiance pour me laisser voir de mes propres yeux cette part d'elle qu'elle m'a toujours cachée.

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Jeu 25 Aoû - 9:11

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Ma main était la proie de doigts habiles et ce toucher presque animal n’était pas sans me mettre en émoi. Quand le contact se substitue aux mots, il n’est point besoin de langage, n’est-ce pas ? Plus les secondes s’égrenaient et plus je commençais à avoir des doutes légitimes quant à l’amitié que j’avais proposée à William. Avais-je été vraiment honnête envers lui et plus encore envers moi-même ? Etrange relation à vrai dire  que celle-là : déchirée et raccommodée au scotch, patchwork complexe constitué de bribes de souvenirs, d’actes manqués et de troubles naissants… Je pouvais l’avouer : j’étais paumée… Et puis je ne savais pas comment clarifier la situation. J’avais peur que ce nouveau lien tissé entre nous soit rompu. Nul doute que la gêne aurait été réciproque… Aurions-nous pu nous relever de cela en plus du reste ? J’en doutais fortement. Alors, je me tus, me promettant de réfléchir sérieusement aux questions qui m’assaillaient lorsqu’il serait parti. En attendant, je contemplai ces deux morceaux de nous réunis en une même étreinte et levai les yeux vers lui. Il me lâcha enfin. Immédiatement, je me sentis mieux. J’en aurais soupiré de soulagement ! Je craignais qu’il se ravise et rattrape ma main aussi je pris négligemment ma tasse de thé. La place était prise ! Le gobelet en grès était chaud mais sa main l’avait été davantage… Et cette simple idée me bouleversa.

Il m’indiqua tout à trac qu’il ne comptait pas s’en aller et qu’il allait me garder à l’œil. Et puis, il se mit à rire. Je ne trouvais pas ça vraiment drôle. Un bref sourire toutefois pour ne pas créer de malaise. J’étais douée pour ça. Et hop, sujet suivant ni vu ni connu!

Ma réponse sembla l’avoir intéressé car il me demanda des précisions. Je répondis volontiers. Le sujet était bienvenu. Il nous permettait de s’extraire de considérations individuelles et troublantes en lien avec le passé. Je répondis avec chaleur.

- Eh bien déjà tu as un univers structuré de la même façon : Un univers médiéval séparé du reste du monde par un mur infranchissable. Le mur autour du monde est nettement plus élevé et infranchissable cependant, mais l’idée est la même. Après sept familles principales gèrent le royaume plus le peuple barbare dans le désert. Tu noteras que c’est la même chose sur Ténébreuse. Certaines vivent dans des climats très froids, d’autres près de l’eau ou le désert. Moi ça me rappelle les Aldaran, les Aillard de Témora et les séchéens… Et puis les blasons… Même idée… Il manque juste les pouvoirs psi mais je suppose que le plagiat aurait été trop évident… Et puis je n’aime pas l’histoire.

En quelques mots j’avais défoncé Game of Throne avec méthode.

William montra de l’intérêt pour le livre dont je venais de parler et je lui souris. Il avait l’esprit ouvert à la rencontre, aux expériences, on ne pouvait le lui enlever. Je le renseignai.

- C’est un recueil de poésies très anciennes collectées auprès de bardes en Carélie du Nord et de l'Est. Tolkien s’est notamment inspiré du personnage de Väinämöinen pour créer Tom Bombadil. Il s’est aussi passionné pour le finnois, langue poétique par excellence, au point de l’apprendre. La langue quenya ou haut-elfique est constituée de majoritairement de finnois d’ailleurs, avec quelques mots de grec et de latin…

Je croquais à nouveau dans un biscuit. Il voulait que je lui prête le livre ? Je hochai la tête puis me levai. Je le laissais pour me rendre dans ma chambre. Les marches de l’escalier eurent quelques grincements familiers alors que je grimpais l’escalier. Le livre fut bientôt en vue sur le chevet de mon lit et je l’attrapai d’un geste vif pour redescendre aussitôt. Souriant à William, je reviens vers lui et lui tendit spontanément en me rasseyant.

- Tiens, prends-le. Tu pourras le lire comme ça…

Il s’expliqua sur ce qu’il avait voulu dire. Je hochai la tête.

- Bah ça ne sert plus à rien de lire le livre ensuite, non ? C’est comme dans la vie d’ailleurs ! S'il n'y avait pas l'inattendu, l’excitante attente de découvrir l'autre, pourquoi ferait-on sa connaissance ? Il n’y aurait plus d’intérêt. enfin, c'est un avis personnel.

C'était dit sur un ton léger.
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MessageSujet: Re: An incredible meeting Sam 27 Aoû - 10:25

An incredible meeting

Abigael O'Kelly

C'est fou comme un changement de sujet pouvait balayer aussi rapidement un moment de gêne occasionné par un geste ou une parole malencontreuse. Me tenir devant Abigael après tout ce temps me remplissait de joie, mais si j'essayais de paraître aussi naturel que le garçon souriant et taquin qu'elle avait connu, intérieurement il n'en était rien. J'avais pourtant rêvé de nos retrouvailles des dizaines de fois ; lorsque la réalité rejoignait la fiction, elle s'avérait généralement bien différente de ce que l'on avait imaginé. J'espérais, au fond de moi, qu'elle n'arrivait pas à percevoir mon trouble ; de son côté, même si j'avais cru déceler un certain malaise à un moment donné, j'avais l'impression qu'elle s'en tirait mieux que moi ; peut-être à raison.

Elle exprima son avis en comparant les deux oeuvres littéraires. Je l'écoutai attentivement, penchant la tête à droite, à gauche, lorsqu'elle argumentait en faveur de l'univers de Ténébreuse ; elle parlait avec passion et je souriais intérieurement de la voir si enthousiaste. Je bus un peu de thé et m'adossai confortablement contre le canapé en croisant les jambes.

« Pour ma part, j'ai beaucoup aimé Game of Thrones et j'attends avec impatience le tome suivant... ma foi s'il sort un jour. Mais tu as attisé ma curiosité ; il faudra que je m'intéresse plus sérieusement à Ténébreuse. Puisque tu sembles si bien t'y connaître, je vais honteusement profiter de toi. Enfin, de ton savoir. »

Soudain, c'était parfaitement clair. Je n'avais jamais lu d'autres livres que Redécouverte parce qu'au fond de moi, je souhaitais qu'Abi me fasse découvrir elle-même cet univers qu'elle chérissait tant. Cette constatation me laissa pantois ; j'en étais vraiment là ? Je pris un biscuit et croquai dedans pour donner le change alors qu'elle poursuivait en m'informant du contenu de Kalevala. Là où je ne faisais que lire un livre sans plus que cela, Abi s'intéressait vraiment à l'oeuvre dans son intégralité, à ce qui gravitait autour, les personnes qu'elle avait pu inspirer, ce genre de choses. J'étais impressionné par ses connaissances en la matière et elle accepta sans hésitation de me le prêter. En un clin d'oeil, elle disparaissait à l'étage pour s'en emparer et me le tendre une fois redescendue. Je l'attrapai en lui souriant, examinant presque aussitôt la quatrième de couverture que je parcourus rapidement.

« Merci. Je te le rends dès que j'ai terminé. »

J'en avais un autre à lui rendre également ; je me demandais si elle s'était déjà interrogée sur la possibilité que je l'aie toujours en ma possession. D'un autre côté, après toutes ces années, il était probable qu'elle ait fini par oublier qu'elle me l'avait donné.

Abigael partageait la même opinion que moi concernant les spoilers sur les oeuvres... et les gens en général. J'acquiesçai en hochant la tête.

« C'est aussi mon avis, c'est tout l'intérêt des rencontres. Apprendre à connaître quelqu'un prend du temps, c'est indéniable ; mériter et gagner sa confiance encore plus. »

Ce qui, à la base, ne devait être qu'une remarque générale sonnait en fin de compte de manière bien plus personnelle. Comprendrait-elle ?

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MessageSujet: Re: An incredible meeting Sam 27 Aoû - 18:15

An incredible meeting

William

&


100x100Abigael



Il aimait Games of throne. il était bien libre d'aimer ce qu'il voulait... Je lui souris brièvement alors qu'il s'intéressait à Ténébreuse. Je lui avais donné Redécouverte avec mon numéro de téléphone annoté sur la page du titre. Il avait dû l'oublier. Sans doute que le livre avait atterri dans quelque recoins obscurs d'une étagère désertée à moins qu'il ne dorme dans le carton d'un grenier?

- Je ne suis pas si calée que ça, tu sais... L'univers est extrêmement complexe. La planète fait partie d'un système solaire éloigné et tout l'écosystème est original. La faune, la flore... Il serait difficile de tout résumé en quelques phrases et j'aurais besoin de toute une nuit pour le faire! J'imagine déjà le concept : pyjama party sur Ténébreuse!

Je ne pus m'empêcher de rire à cette idée un peu folle et j'en vins à la conclusion qui s'imposait.

- Cependant si tu souhaites lire les livres, ils sont là. Tu peux les emprunter quand tu veux d'ailleurs! C'est pratique car tu vis tout à côté!

Je lui montrai d'un geste les ouvrages bien rangés dans la bibliothèque.

William prit le livre que je lui tendais avec une curiosité non feinte et se précipita sur la quatrième de couverture pour en lire le résumé. Cet empressement me fit sourire. Je ne savais pas si l'ouvrage lui plairait. L'oeuvre était très poétique et avait des tournures anciennes, parfois des formulations un peu longues, mais c'était un héritage de temps anciens et qui n'avaient plus court. C'était sans prix. Le fait que Tolkien s'en était inspiré tenait plus pour moi de l'anecdote. J'avais une passion pour ce genre d'ouvrages qui me donnaient l'impression de découvrir des rivages vierges en des mondes inconnus. Proprement grisant.

- Et la conserver est une gageure.

Un bref coup d’œil pour enfoncer le clou. Il était prévenu. Je n'étais pas de celle à donner ma confiance facilement et rien que songer à me dévoiler me mettait mal à l'aise. Je détournai les yeux quelques instant, m'absorbant dans l'observation des arabesques peintes sur ma tasse de thé. Je ne savais pas ce qu'il voulait de moi au fond, mais il y avait des sujets que j'abordais difficilement comme celui de Sean et de sa mort. Papa avait été intraitable sur la question et j'avais atterri dans le cabinet feutré d'une pédopsychiatre de sa connaissance. Elle m'avait mis le nez dedans, me forçant tant à en parler tant et si bien que je ne pouvais plus l'évoquer. J'avais l'impression d'être une foutue boîte de Pandore, ne sachant pas vraiment ce que mon être renfermait et comment régler certaines difficultés persistantes. Alors partager cela avec William? Je m'interrogeai. Il voulait me connaître mais cela... Voulait-il aussi connaitre cela? Et moi, étais-je capable d'en parler? Songeuse, je relevai les yeux vers lui et l'avisai, le regard interrogatif. Il m'avait abandonnée une fois déjà, pourrais-je lui faire confiance malgré tout? Je ne pus répondre à cette question.
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