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You Tear Me Down

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MessageSujet: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 12:57

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Deux jours s'étaient écoulés depuis ce qui s'était passé entre Abigael et moi en salle de repos. Un week-end que je n'étais pas près d'oublier puisque j'avais ressassé l'événement en boucle en essayant à chaque fois de modifier le cours des choses. Je m'étais pris à rêver d'être le fameux Docteur, capable de remonter le temps grâce au Tardis pour nous éviter à tous deux cette situation embarrassante. Malheureusement pour moi, nous étions dans la réalité et la pratique boîte bleue n'était qu'une fiction. Une fois calmé, j'avais hésité à aller sonner à sa porte pour en parler, crever l'abcès une bonne fois pour toutes mais je m'étais ravisé, quasiment certain qu'elle refuserait de m'ouvrir et encore moins de me parler. Ce que je pouvais comprendre.

Lundi était arrivé et je commençais cette nouvelle semaine par une garde au service de cardiologie. Prenant mes fonctions sous les coups des 18h30, j'avais profité de ma journée pour aller faire quelques courses et larver dans mon lit avec le Kalevala que j'avais emprunté à Abi quelques temps plus tôt. J'en avais achevé enfin la lecture, il ne me restait plus qu'à le lui rendre. Je ne savais pas si j'allais la croiser aujourd'hui à l'hôpital, n'ayant pas connaissance de son emploi du temps. Malgré tout, je pris le livre avec moi ; ce serait une bonne excuse pour entamer la conversation si jamais je l'apercevais au détour d'un couloir ou dans les vestiaires. Honnêtement, je n'avais aucune idée de la réaction que j'allais avoir une fois face à elle mais j'étais persuadé que, si je voulais que les choses avancent, je devrais être celui qui ferait le premier pas.

Après m'être douché, j'avais quitté mon appartement, le Kalevala sous le bras. Dans le pire des cas, je pourrais toujours le glisser dans son casier, avec un petit mot si je trouvais quoi écrire.

A mon arrivée au Grey Sloan, je passais par les vestiaires afin de me changer. J'ouvris la porte avec une certaine appréhension mais parmi les collègues présents, nulle trace d'Abi. J'étais rassuré et déçu à la fois. Je faillis laisser le bouquin dans mon casier mais j'en vins à me dire qu'il était tout à fait possible que je croise mon Irlandaise dans les couloirs à tout moment. Je partis donc en direction du troisième étage, le livre dans l'une des poches de ma blouse blanche. Une fois arrivé au bureau du service, je saluai chaleureusement les quelques personnes présentes et jetai un coup d'oeil machinal au tableau de garde. Mes yeux s'écarquillèrent lorsque je vis inscrit le nom d'Abigael à côté du mien. D'après mes souvenirs, il était prévu que je sois d'astreinte avec Rayane ! Une modification de dernière minute ?

Le rythme de mes pulsations cardiaques s'accéléra de façon significative. Voilà une chose que je n'avais pas prévue et à laquelle je n'étais pas préparé. Tout une nuit avec Abi après ce qui s'était passé entre nous ? Oh. Mon. Dieu. Aucune chance que mon coeur tienne jusqu'au petit matin. Heureusement, si ce dernier décidait de me lâcher, j'étais dans le bon service pour être rapidement secouru...

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 13:58

You tear me Down

William

&


100x100Abigael



Après avoir fini la nuit chez moi sans parvenir à m’endormir, je m’étais fait porter pâle le lendemain très tôt, prétextant une gastro. C’était très professionnel ! Hors de question de contaminer les patients n’est-ce pas ? J’étais restée enfermée chez moi. Le week-end s’était passé de la plus pitoyable des façons. Deux jours dans un pyjama en pilou à manger de la glace à la vanille et noix de pécan Ben et Jerry à la petite cuillère, directement dans le pot. Jamie m’avait approvisionnée. On avait parlé. Du quiproquo, de William et puis de moi. J’avais tout déballé et Jamie m’avait écouté parler. Longtemps.

Ce lundi, je commençais à 18h30. Un changement d’horaire. On m’avait prévenue assez tardivement. J’étais assez contente de ce répit supplémentaire qui m’était accordé. J’avais sombré dans les bras de Morphée, roulée en boule sous l’édredon. Pomme-Lilas avec la discrétion qui la caractérisait ne m’avait même pas réveillée. J’avais émergé vers 14h, le moral en berne et le cœur en miettes. J’avais filé sous le jet d’eau chaude. La chaleur de l’eau m’avait un peu rassérénée et mon savon à la lavande m’avait fait du bien aussi. En tous les cas, je m’étais sentie mieux, m’absorbant dans la soirée qui serait la mienne. La cardiologie. C’était très bien. Je m’absorberai dans mon travail, tentant d’en apprendre le plus possible. J’étais décidée. J’ouvris la porte de la douche. Le miroir était embué par la vapeur et je l’essuyai d’une main tranquille jusqu’à ce que j’aperçoive quelque chose à la base de mon cou. Je me figeai, étrécissant les yeux. Qu’est-ce que c’était que ça ? Une affection de la peau ? Un champignon ? Je m’approchai en silence de la glace pour mieux observer la curiosité. En un instant, je compris. Un suçon. William m’avait fait un suçon ! Je restai comme deux ronds de flan à fixer l’infamie. Il m’avait marquée comme si j’étais à lui ! Consternation.

Je m’étais garée non loin de la porte d’entrée. Après avoir déposé mes affaires dans le vestiaire, je m’étais rapidement changée. J’ignorai les conversations bourdonnantes autour de moi. J’avais la tête ailleurs et je n’étais pas du tout d’humeur sociable ou rigolote. Le dos tourné, j’enfilai ma blouse. Je ne manquai pas de réajuster le petit foulard en soie que j’avais noué à mon cou. Je voulais plus que tout éviter que quiconque puisse apercevoir le suçon qui ornait la base droite de mon cou. Rassurée, je saluai mes collègues en partance et je partis en direction du 3ème étage. Je pris les escaliers. Je voulais plus que tout éviter de tomber sur William. Marchant d’un pas rapide, j’arrivais rapidement en service de cardiologie et m’enquis de savoir avec qui j’allais travailler durant la nuit. Plus de la curiosité d’ailleurs. Je posai les yeux sur l’écriture penchée de la résidente en charge et écarquillai les yeux. C’était une blague !!! A côté de mon nom, celui de William écrit en toutes lettres. Je restai là plantée comme une courge, ne sachant comment réagir. C’était le pire qui puisse m’arriver ! Comment j’allais faire ? Je décidai d’aller trouver le résident pour lui faire part de ma présence. Il m’assigna à quelques cas et je m’absorbai à ma tâche, tentant le plus possible d’ignorer que fatalement je tomberai sur William au moment le plus inopportun.

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 14:53

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Ah ! Ces petits coups en fourbe que la Vie vous mettait quelques fois, un vrai régal. Impossible d'esquiver Abigael ad vitam aeternam, j'en étais conscient et de toute façon, je ne l'avais même pas envisagé. Il fallait que nous nous confrontions, elle et moi, mais être forcés de travailler toute une nuit côte à côte, aussi rapidement qui plus est, serait sans doute possible une torture. J'étais totalement déconfit par cette perspective.

Je zieutai à la hâte autour de moi au cas où je la verrais surgir de l'un des couloirs adjacents mais elle n'était nulle part. Soit elle avait déjà été assignée à différentes tâches, soit j'étais le premier sur les lieux. J'allai chercher mes ordres auprès de la résidente responsable qui m'indiqua que ma nuit serait partagée entre les urgences d'un côté et la réalisation d'une série d'échographies ainsi que l'interprétation des ECG de l'autre. Elle avait assigné un autre binôme d'internes aux urgences pour la première partie de la nuit, je devais donc me rendre en salle d'examens. J'estimai que j'y retrouverai très certainement Abigael, à moins qu'elle ne soit pas encore arrivée.

J'avançai dans le dédale de couloirs en anticipant mentalement nos retrouvailles. Je craignais sa réaction, autant que la mienne à vrai dire ; c'est que je pouvais être bouché à l'émeri quand je m'y mettais... Arrivé devant la porte de la salle, j'hésitai une seconde ou deux avant de l'ouvrir. J'étais ridicule, si ça se trouvait, elle n'était même pas là. Malgré moi, je sentais mon coeur battre à tout rompre dans ma poitrine ; j'angoissais, cela allait sans dire. La main sur la poignée, je déglutis difficilement et inspirai en fermant les yeux. J'ouvris la porte et passai la tête par l'entrebaillement pour examiner l'intérieur de la pièce.

C'est là que je la vis ; elle me tournait le dos, et donnait l'impression d'analyser avec soin quelque chose posé sur le bureau. Un bref sursaut quand elle entendit la porte se refermer derrière moi dans un clic. Planté comme un radis sur le seuil, j'essayai de me composer un visage lorsqu'elle se retourna vers la source du bruit et que nos regards se croisèrent.

« Oh, tu es déjà là ? »

Une question purement rhétorique que je formulai aussi naturellement que possible, dissimulant au mieux la gêne qui s'emparait de moi. J'avais chaud, je sentais mon sang bouillir dans mes veines. J'espérais juste ne pas être rouge comme une tomate, ce serait un comble.

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 15:21

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William

&


100x100Abigael



J’avais trouvé un endroit où me planquer. Une petite salle tranquille où je pourrais travailler en paix. C’était parfait. J’avais sorti la liste des tâches que j’avais à faire et il allait falloir que je m’active sérieusement.

J’étais absorbée par la lecture d’un dossier lorsque je perçus nettement la porte se fermer dans mon dos. Un claquement bref mais clairement audible. La surprise me fit sursauter. Je pensais l’endroit désert. Je délaissai un instant les échographies agrafées à un feuillet d’examen pour jeter un œil en direction de l’importun. William. Evidemment… Mes yeux croisèrent son regard clair. Je répondis un vague « oui » à sa réflexion rien moins qu’évidente. Je me détournai rapidement pour revenir à mes observations analytiques. Je réfléchissais pour retrouver le fil de mes pensées. Alors, reprenons… J’observai les valvules à différents moments de la contraction musculaire mais en définitive, j’étais si troublée par la présence de William, que je n’arrivais pas à réfléchir. Je me sentais mal. De l’agacement finit par pointer. Il ne pouvait pas me laisser tranquille à la fin ! Qu’est-ce qu’il me voulait encore ? Me torturer ?

Je soupirai nerveusement, refusant de me retourner vers lui. Je le niai délibérément. J’espérai qu’il allait comprendre et faire demi-tour. Je voulais être tranquille et ne plus songer à ce qu’il s’était passé dans la salle de repos. Un léger sourire désabusé m’échappa. Et dire que je pensais aller mieux ce matin ! Bon sang, j’étais vraiment au plus mal. Gênée, honteuse, mal à l’aise. J’étais traversée par des sentiments divers qui me perçaient de toutes parts. Je sentis une rougeur coutumière envahit mes pommettes. Sans y songer, je me mis à tripoter vaguement mon foulard. L’inconscient avait quelque fois un sens de l’humour peu commun.
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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 15:48

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Pas ravie de me voir, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle me répondit dans un souffle, laconique, avant de détourner le regard et reprendre l'analyse du dossier comme si je n'existais pas. Voilà qui n'augurait rien de bon. Je pouvais comprendre que ma présence l'indisposait après ce que nous avions vécu et si j'avais pu, je l'aurais laissé tranquillement vaquer à ses occupations. Seulement, notre responsable commune nous avait assignés à la même tâche puisque d'après ses dires, et je partageais son avis, deux cerveaux valent mieux qu'un. Je ne pouvais donc m'y soustraire et c'est avec un manque d'enthousiasme flagrant que je réduisis la distance qui nous séparait en m'approchant de son bureau.

Cependant, je n'étais pas inconscient au point de me coller à elle afin d'examiner le papelard par-dessus son épaule. Il m'était impossible de savoir à quel point ma présence la révulsait, ce qui était certain, c'est qu'elle allait devoir faire avec et prendre sur elle. Je remarquai le foulard qu'elle portait autour du cou et qu'elle tripatouillait avec nervosité. Une scène de notre échange de vendredi me revint en mémoire ; je pouvais encore sentir la douceur de sa peau entre mes lèvres, sur ma langue. Se pourrait-il, comme je le supposais, qu'elle arbore un suçon à l'endroit où je m'étais attardé plus longuement ?

Une nouvelle vague d'embarras s'empara de moi, accentuant la température de mon corps. Elle devait en avoir honte et avait préféré cacher cette marque sous un morceau de tissu. Je me raclai le fond de la gorge, ma bouche anormalement sèche subitement. Je jugeai bon de prendre un peu mes distances et fis le tour du bureau pour me placer à son exact opposé. Que dire, que faire ? Je voyais très bien qu'elle n'envisageait assurément pas de me parler mais ce silence m'était insupportable. Je préférai de loin qu'elle me vole à nouveau dans les plumes à coups de poings, laissant exprimer sa rage et son amertume à mon encontre. Cette indifférence qu'elle affichait était pour moi pire que tout.

Entamer le dialogue serait ardu et je savais qu'elle ne me faciliterait pas la tâche, c'était affiché sur son visage aux joues rosies. Qu'importe, il fallait essayer. Par un sujet anodin pour commencer et peut-être, parvenir à détendre l'atmosphère pesante. Nous devions travailler ensemble sur ces échographies, cela me donnait une excuse pour m'exprimer.

« Elles donnent quoi ces analyses ? »

Parler boulot. C'était un bon début. Non ?

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 16:17

You tear me Down

William

&


100x100Abigael



Manifestement, il ne pigeait rien de rien le petit père Morrison ! D’un pas tranquille, il entreprit de se rapprocher de moi, l'air de rien. Je me raidis en le voyant faire et puis tout à coup, il sembla changer d’idée, car il fit le tour du bureau pour se placer à son extrémité. Je relevai le museau et l’observai un instant, perplexe. Qu’est ce qui lui prenait ? Il avait la bougeotte ou alors il ne savait pas comment m'aborder? Je pinçai les lèvres, déterminée à l’ignorer. Tout en moi le repoussait. Mes réminiscences de la nuit de vendredi me venaient à l'esprit. Des gestes mais surtout des mots. Il m'avait blessée et je n'était pas prête de lui pardonner cela. Mon regard se fit fuyant et je décroisai les jambes pour poser mes pieds à plat sur le sol de façon instinctive. Mon corps se préparait à se ruer vers la sortie.

Je feuilletai le dossier de Joshua Gibbons. Un homme de 43 ans, chauffeur de profession, marié et père de deux garçons. Le document titrait les BPM ou Battements Par Minutes. Une série de tableaux significatifs qui reprenaient les résultats des examens. L’on pouvait assurément comprendre qu’une valve était défectueuse. J’avais fait des annotations sur une page de mon bloc. La cure serait de l’enlever et de la remplacer à moyen terme pour améliorer les échanges sanguins. Il ne pourrait continuer à vivre de cette façon. Il était à craindre que la valve lâche.

Il m’adressa de nouveau la parole. Il voulait parler des échographies… Bien entendu… De quoi d'autre? Je relevai les yeux vers lui. Mon regard se planta dans le sien. Il avait tout du premier avertissement en bonne et due forme. Je répondis laconiquement à sa demande.

- Tu n’as qu’à le lire. J’ai fini.

S’il pensait que je lui mâcherai le travail, il se fourrait le doigt dans l’œil ! Je repoussai le dossier pour le placer juste devant lui. Il savait lire, il n’avait qu’à le compulser. De mon côté, je lâchai mon foulard pour prendre un crayon entre mes doigts. Je commençai à noter mes premières observations de manière analytique. Je jetai un bref regard vers William. Il voulait le dossier, bah il devait être aux anges n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 18:58

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Echec de la stratégie. Je ne pus tirer d'elle que quelques mots, m'enjoignant grosso modo de me débrouiller tout seul si je souhaitais avoir des infos sur les analyses du patient. Super. La nuit allait s'avérer longue à ce rythme-là. Abigael refusait mes approches et se fermait immédiatement. Je soupirai intérieurement et tendis la main pour me saisir de la chemise jaune qu'elle délaissa pour se mettre à écrire sur son calepin.

Je parcourus lentement les différents feuillets qui constituaient le dossier, lisant et relisant chaque ligne sans parvenir à interpréter ce que mes yeux voyaient. Je n'arrivais pas à me concentrer, obnubilé que j'étais par la situation tendue dans laquelle nous étions tous les deux. Jamais je n'avais été confronté à ça, je ne savais pas ce que je pouvais faire pour dénouer notre affaire. Je me sentais perdu, las et en même temps, je sentais monter en moi une certaine frustration mêlée de rage. J'étais tout disposé à faire des efforts parce qu'elle comptait à mes yeux, elle donnait l'impression de ne vouloir en faire aucun.

De longues minutes passèrent où ne régna dans la salle que le silence ; on aurait pu entendre une mouche voler. Extérieurement, je donnais l'apparence d'être extrêmement calme, intérieurement je hurlai. Plus le temps s'écoulait, plus elle était disposée à m'ignorer totalement, plus je ruminai inlassablement cette situation merdique dans laquelle nous nous étions embringués. Finalement, je laissai retomber les papiers que je tenais et frappai sur le bureau du plat de la main.

« Ça suffit. Je sais que tu souhaiterais que ce qui s'est passé entre nous n'ait jamais eu lieu mais c'est ainsi, on ne peut pas revenir en arrière. Je comprends que tu m'en veuilles pour ce que je t'ai fait, ce que je t'ai dit mais à part te dire que je suis désolé, je ne vois pas ce que je peux faire d'autre. Alors dis-moi. Dis-moi ce que tu attends de moi. S'il te plaît. Tu veux que je m'en aille, que je te laisse tranquille ? Que je disparaisse définitivement de ta vie parce que tu ne pourras jamais me pardonner ? »

J'avais tout déballé d'un trait et sans m'en rendre compte, j'avais fait le tour du bureau pour me rapprocher d'elle, pour l'empêcher de s'enfuir avant que je n'aie terminé. Mon visage s'adoucit et ma voix se fit plus légère, presque comme un chuchotement.

« Cette histoire me rend malade, Abi. Je... je ne veux pas te perdre une nouvelle fois. Mais si tu te sens incapable à l'avenir de supporter ma présence, je respecterai ta décision et je m'en irai. »

A elle de décider. Elle avait les cartes en mains. Et, si je redoutais sa réaction, étrangement, je me sentais plus léger d'avoir pu me montrer en partie honnête avec elle. Je ne voulais pas la perdre, elle m'était bien trop précieuse mais je souhaitais son bonheur avant tout ; et si cela signifiait devoir prendre mes distances, la mort dans l'âme, je m'y plierai.

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 21:22

You tear me Down

William

&


100x100Abigael



Une main saisit le dossier et l’ouvrit. Les minutes s’égrenèrent longuement sans qu’un seul mot ne soit échangé. J’entendais distinctement William consulter les feuillets et les tourner au gré de ses lectures. Mon crayon crissait sur le papier blanc à chaque annotation que je faisais, laissant croire bien à tort que la situation ne me touchait pas. En mon fort intérieur, je me sentais très mal et je faisais tout pour le cacher. Une pudeur mal placée aurait-on pu dire… Qu’importe, je l’ignorai avec classe, lui faisant sentir qu’il n’était rien de plus qu’un collègue que j’étais obligé de me farcir. Un presque rien du tout inopportun.

Finalement, il s’anima. Qui aurait pu le croire ? Pas moi. Il laissa les feuillets en plan et plaqua une main forte sur la table. Bien malgré moi, je sursautai. Je l’observai les yeux ronds. Quelle mouche l’avait piqué ? Et puis il se mit à parler. Au début, toute à ma surprise, je ne compris pas grand-chose et puis alors que j’écoutai, il contourna le bureau. Il voulait me contraindre à vider mon sac. Tout en maintenant mon regard dans le sien, son monologue fit sens. J’étais effondrée. Il ne comprenait toujours rien… La situation était trop comique. Je sentis un rire nerveux monter et malgré mes efforts, je ne pus l’empêcher d’éclater. De grandes secousses faisaient trembler ma poitrine alors que je m’esclaffai maintenant. Je ramenai mes mains devant ma bouche. Je finis par balancer la tête doucement.

- Tu ne comprends toujours rien… C’est assez déconcertant. Finalement depuis toutes ces années, tu n’as jamais rien été en mesure de me comprendre, William !

De toute façon, tout était fichu. Pourquoi se taire ? Autant être honnête !

- Et si je te disais que j’avais le béguin pour toi ? Et si je te disais que ça m’a achevée d’apprendre que c’est toi que j’embrassais avec autant de vigueur alors que je voulais prendre mon temps avec toi ? Et tu m’as blessée ! Y’a plus rien d’envisageable ! Tout est foutu ! Et toi, tu me fais comprendre que je suis une traînée et tu ne comprends toujours rien quand je tente de te dire que j’aurais fait les choses différemment avec toi. Parce toi tu étais important…

Je n’aimais pas me sentir acculée, bloquée sans avoir la possibilité de partir si je le souhaitais. Je me levais donc à son niveau pour le lui faire bien comprendre. Un mince sourire désabusé.

- C’est trop tard maintenant. Et pour l’amitié… Honnêtement, je ne sais pas.

Avais-je réellement besoin d’un « ami » pareil ? J’avais Jamie. Lui ne m’avait jamais déçue. Il savait qui j’étais et je savais qui il était. C’était simple. Mes études étaient trop importantes pour que je perde mon temps avec un crétin pareil.
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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 22:19

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

J'avais cherché à la faire réagir, j'y étais parvenu au-delà de mes espérances, mais pas de la façon que j'attendais. Mes paroles déclenchèrent une hilarité chez elle qui me prit par surprise. Qu'avais-je donc dit de si drôle ?

Elle m'accusa de ne pas du tout la comprendre et sur ce point, je ne pouvais pas lui donner tort. Abigael avait toujours été un mystère pour moi et, n'étant pas du genre à se confier ou à parler d'elle de façon plus intime, j'avais rarement eu l'occasion de déceler ce qu'elle pensait vraiment. Je haussais les sourcils, prêt à lui rétorquer qu'elle n'avait qu'à m'expliquer, que je souhaitais par-dessus tout la comprendre justement. Elle ne me laissa pas l'occasion de lui demander, elle enchaîna immédiatement, enfin prête à me vider son sac.

Et ce qu'elle me révéla me fit tomber des nues. Elle avait... le béguin pour moi ? Elle voulait prendre son temps avec moi ? J'étais important pour elle ?

Plus elle s'exprimait sur ses sentiments qu'elle m'avait cachés jusqu'alors, plus ma bouche s'entrouvait, plus mes yeux s'écarquillaient, plus mon visage se décomposait. Elle me disait qu'il était trop tard, que je l'avais blessée, que j'avais tout gâché. Elle en venait même à la conlusion qu'elle ne désirait même plus mon amitié.

J'avais une boule dans la gorge, j'étais totalement anéanti par ce que je venais d'entendre. Je fis machinalement un pas en arrière ; mon talon buta contre le bureau derrière moi ce qui me valut de m'asseoir un peu lourdement dessus. Mes jambes ne me portaient plus, je me sentais tellement mal, je n'arrivais même plus à la regarder. Je posai la main sur mon front, appuyant ma tête contre la paume, mes doigts effleurant nerveusement mon cuir chevelu. J'avais du mal à réaliser, tout cela me semblait irréel. Je devais être dans un mauvais rêve !

Ma respiration s'accéléra, devint bruyante. Une vague de tristesse, de culpabilité, de désespoir s'empara de moi. J'avais voulu qu'elle soit honnête avec moi, elle l'avait été. Et ce faisant, elle venait de m'achever. Le regard baissé, je fixai obstinément le sol sans pour autant le voir. Ma voix brisa le silence, faible, à peine audible.

« J'ai vraiment tout gâché, hein ? »

Un soupir mêlé d'un petit rire sans joie.

« Tu as raison, je n'avais pas compris. Je... j'étais même loin d'imaginer que... Je me suis toujours efforcé de... de ne même pas envisager cette possibilité. Ne pas espérer. Jusqu'à vendredi. »

Je sentais que mes yeux commençaient à s'embuer et je secouai la tête, comme si cela allait me permettre de rester maître de mes émotions. Dans une certaine mesure.

« Je me suis autorisé à y croire pour la première fois, alors... comprends ma déception quand... J'étais en colère. Contre moi. Et je m'en suis pris à toi en disant des choses horribles... que je ne pensais pas. »

Je relevai doucement la tête, ayant enfin le courage de croiser son regard. Je me sentais nul, je venais de lui livrer certaines choses sur mes sentiments pour elle, ce n'était pas difficile à comprendre, des choses que j'aurais tant voulu lui révéler dans d'autres circonstances mais que dire d'autre ? Ce satané manque de confiance en moi venait, une fois encore, de me pourrir l'existence. Je venais probablement de la perdre, de toutes les façons possibles, alors à quoi bon rester sur la réserve ?

« Je ne cherche pas à me disculper, ni à trouver des excuses à mon comportement. Je veux juste que tu saches ce que j'ai ressenti, c'est tout. »

Je fis un effort pour me relever et parvins à esquisser un sourire affectueux, mêlé de remords et de tristesse. Je serrai la mâchoire pour empêcher mes lèvres de trembler. Je n'étais plus capable de lui faire face, plus maintenant. J'inspirai profondément en tournant les talons et me dirigeai vers la porte.

« Je vais voir avec la responsable s'il est possible de changer les équipes pour ce soir. Je crois que c'est préférable. »

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Sam 10 Sep - 23:24

You tear me Down

William

&


100x100Abigael



Ma réaction sembla le laisser coi. Il m’observa manifestement stupéfait. Et puis alors que j’évoquais mes sentiments désormais envolés, son visage s’affaissa en une grotesque caricature de lui-même. Si j’avais songé un seul instant à me faire le miel de sa douleur, ce ne fut pas tout à fait ce qui se passa. Bouleversé, il recula un peu trop vivement et ses jambes s’emmêlèrent les pinceaux. Il tomba sur son séant, m’observant plus que jamais avec un air de gobie. Il accusa le coup. Jamais il n’avait songé à cette situation, c’était très clair. La preuve en était son regard fuyant qui léchait le sol. Dans un sursaut, il me demanda confirmation. A savoir s’il avait vraiment tout gâché… Que voulait-il que je lui dise ? Je répétais ces quelques mots. Ça me fit drôle, comme un écho ou le canon d’une chanson.

- Que veux-tu que je te dise ? J’ai souffert le martyre ce week-end. Sans Jamie, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’en ai marre de cette situation. J’ai plus envie de jouer.

De l’honnêteté encore et toujours. Il m’avait atteinte. Trahie puis blessée, ça faisait beaucoup. Étais-je prête à lui donner encore une chance ? Je soupirai. J’étais fatiguée de ce sujet qui revenait inlassablement. William. Toujours et encore lui. Jamais dans le bon timing ni les bonnes attitudes. Je pouvais comprendre qu’il était maladroit, mais à la fin, on se passait fort bien de maladresse et encore davantage de celui qui la commettait. Je ne savais comment je me sentais à cet instant. J’avais de la peine pour lui, mais de mon côté, j’étais comme anesthésiée, comme si je ne ressentais plus rien. Comme si j’avais tant souffert ces dernières heures que je n’étais plus en mesure de ressentir quelque chose. Là, tout de suite, j’aspirais juste à boire un café brûlant. Un café brûlant… Cela me rappelait le lycée. Nous en buvions quelquefois. Je ne compris pas les travers de mon esprit perturbé mais le message me semblait clair. Mon inconscient sonnait l’alarme. L’instant était d’importance. Ici et maintenant se jouait la suite de notre relation.

Il m’avoua tout d’une voix atone. Il n’avait rien comprit et il n’avait osé espérer ? Je haussai un sourcil maintenant étonnée. Je réfléchissais à toute vitesse et le laissai s’ouvrir à moi. J’avais souvent espéré qu’il le fasse alors par respect pour lui, je me tus. Il m’avoua que ça l’avait mis en colère d’entendre le prénom d’un autre. Je compris la situation de son côté. Il n’avait pas voulu profiter de l’aubaine et mon cœur s’allégea un peu de sa peine. J’attendis qu’il sorte le reste, car il y avait bien autre chose ! Je préférai tout entendre, qu’il n’y ait plus d’ambiguïtés entre nous. Mon regard chercha le sien et s’y logea sans retenue. Il conclut sobrement. Je compris qu’il ne voulait plus ambiguïtés non plus. Pour la première fois, la situation me parut claire.

- Bien. J’ai entendu ce que tu m’as dit et je peux aussi comprendre comment tu as vécu les choses. Je pense que de ton côté, tu as une petite idée de ce que j’ai ressenti. Sinon, je vais préciser les choses.

Un soupir. Je ne savais pas comment présenter les choses. Alors je commençais depuis le début.

- Au lycée, j’avais un gros faible pour toi. J’aimais ta personnalité, ton humour et ta répartie. Ce n’était pas qu’une histoire de physique. Et puis, tu es parti et nous savons tous les deux comment notre « relation » s’est terminée… J’étais heureuse de te retrouver ici. Sincèrement. Je ne savais pas trop comment ça allait se passer entre nous. Et puis, je ne sais pas… mes sentiments se sont réveillés. Ils étaient peut être juste endormis, d’ailleurs… Je n’y ai pas vraiment réfléchi. J’allais mettre un terme à ma relation avec Kurtis. Je le fréquente depuis bientôt un an… C’est pas quelque chose de sérieux. Je ne sais pas comment faire ça, moi, les relations sérieuses… Mais avec toi, j’avais envie d’essayer. A croire que je ne suis pas capable… Sans doute que je n’y parviendrai jamais. C’est trop dur. J’ai vécu quelque chose de difficile alors que j’étais enfant. Je crois que c’est ça qui me bloque.

J’esquissai un sourire piteux. C'était pathétique.

- Et puis, vendredi, alors que je pensais être avec lui, c'est à toi que je pensais. C'est pas ridicule ça?

Finalement, j’avais dit plus que je n’aurais pensé. Je n’avais pas honte. Il n’y avait plus d’enjeux… J’avais ressenti un besoin d’honnêteté, je voulais qu’il comprenne bien ce que j’étais et ce que j’avais désiré.

Il finit par esquisser un pauvre sourire malheureux et se leva, faisant quelques pas vers la porte. Il voulait changer de binôme.

- Tu fais comme tu veux, William. Moi, je t’ai dit ce que j’avais sur le cœur. Je crois que je pourrais travailler avec toi maintenant, mais si de ton côté c’est trop dur, fais ce que tu estimes le mieux pour toi. Je ne t’en tiendrai pas rigueur.
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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Dim 11 Sep - 0:42

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Abigael me laissa tout le temps nécessaire pour exprimer mes pensées. Apprendre que par ma faute elle avait énormément souffert ce week-end me serra le coeur. La dernière chose que je souhaitais, c'était lui faire du mal. Je m'étais comporté comme un imbécile, j'avais réagi sans réfléchir aux conséquences et à présent nous en étions là, à deux doigts de nous dire adieu. Elle m'apprit que Jamie avait été à ses côtés et étrangement, je ne ressentis aucune jalousie à cette annonce. Au contraire, une partie de moi était rassurée qu'elle n'ait pas eu à surmonter cela seule ; j'en étais reconnaissant envers son jeune ami. Tout comme moi, elle en avait assez des artifices, ce qui l'avait probablement pousser à être honnête sur ses sentiments. Et c'était loin d'être terminé.

Je lui confiai mon ressenti et je pense que mes paroles parvinrent à la toucher. Je comprenais qu'elle était toujours amère au vu de ce qui s'était passé, mais elle semblait accepter ce qui m'avait animé et fait agir de la sorte. Je crois que cela la réconfortait un peu de savoir qu'elle n'avait pas été la seule à se sentir mal ; je ne pensais pas une seule seconde qu'elle se réjouissait de ma peine, mais elle avait dû réaliser que mon mal être signifiait que je n'avais pas pris cet événement à la légère, et qu'il me touchait plus qu'elle ne l'aurait cru.

Abigael décida d'approfondir ses pensées et me révéla que son attirance pour moi remontait à l'époque du lycée. Je me détestais. J'avais vraiment été aveugle ; tout ce temps passé en sa compagnie et je n'avais jamais rien vu. Ou peut-être l'avais-je réalisé et qu'inconsciemment, j'avais refusé l'évidence, par peur de cultiver de faux espoirs qui m'auraient ensuite fait souffrir. Je la dévisageai avec des yeux ronds à mesure de ses révélations ; elle me surprenait de minute en minute. Elle me donnait l'impression, qu'une fois en route, elle ne parvenait plus à s'arrêter. Elle me parla de sa relation avec Kurtis, de son incapacité à envisager une relation sérieuse, d'un traumatisme lié à son enfance.

J'essayais d'assimiler les informations. D'un côté, j'étais heureux qu'elle s'ouvre enfin à moi dans une certaine mesure, de l'autre, je déplorai que nous ayons eu besoin de nous retrouver dans une situation critique pour mettre les choses à plat. A nouveau, je culpabilisais. Tout ce temps perdu. Si j'avais eu le courage à l'époque, et lors de nos retrouvailles, d'agir en homme et de lui évoquer ce que je ressentais pour elle, peut-être n'en serions-nous pas là. Et entendre que c'était à moi qu'elle pensait alors qu'elle attendait Kurtis....

Je serrai les poings, bouleversé comme jamais je ne l'avais été. Lui parler m'avait exténué, je me sentais comme vidé, sans la moindre énergie. Je réalisai que j'avais véritablement tout gâché, il était trop tard à présent. Je sentais dans sa manière de s'exprimer qu'elle avait besoin de prendre du recul et de mettre cette histoire derrière elle.

« Je... je ne sais pas quoi te dire, Abi. J'ai conscience d'avoir tout manqué, et depuis si longtemps en plus de ça. Parce que oui, tant qu'à être honnête, j'étais fou amoureux de toi au lycée. Ça t'étonne ? Peut-être que oui, non, je ne sais plus. J'aimais ta manière d'être, ton esprit vif, la passion dont tu faisais preuve quand tu parlais de sujets qui t'intéressaient, les livres et la musique surtout. Tu débordais de joie de vivre et en même temps, j'avais cru percevoir en toi... une fragilité... dont j'ignorais l'essence, mais qui me donnait envie de te protéger. Tu parles d'un protecteur ! Je t'ai trahie, je t'ai blessée... sans le vouloir, mais ce qui compte c'est que tu en as souffert. Par ma faute. Je ne te mérite pas, tout simplement. »

Et alors que je prenais la décision de partir pour la laisser souffler, elle m'avoua que ma présence ne la gênait plus tant que cela. Libre à moi de rester ou non. La main sur la poignée de la porte, je stoppai net. Que faire ? Je basculai la tête vers l'arrière, scrutant le plafond. Ma main libre s'engouffra dans la poche de ma blouse et je fronçai les sourcils lorsque mes doigts entrèrent en contact avec ce qui devait être un livre.

Le Kalevala. Avec tout ça, j'avais complètement oublié que je l'avais pris avec moi pour le lui rendre. Un léger sourire se dessina sur mon visage alors que je repensais à ce que nous avions échangé depuis nos retrouvailles ; des discussions littéraires, un concert où je l'avais vue jouer de la contrebasse pour la première fois, des fous rires à la machine à café ou à la cafétéria durant les pauses déjeuners. Je sortis le bouquin de ma poche et fis marche arrière, pour me planter à nouveau devant elle.

« Tiens, j'ai terminé de le lire. Tu... tu penses que je pourrais t'emprunter le premier tome de Ténébreuse ? »

Ma façon à moi de lui dire que je choisissais de rester.

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Dim 11 Sep - 2:08

You tear me Down

William

&


100x100Abigael



J’avais été très cash. Peut-être trop… Qu’importe, c’était dit  et je ne pouvais ravaler mes mots. Je me sentis délivrée de quelque chose de douloureux. L’accouchement avait été difficile, mais finalement j’avais l’esprit en paix. William semblait complètement perturbé par contre… Ce n’était pas vraiment étonnant après ce que je lui avais balancé… Il embraya derrière moi. Il fut plus assuré dans le choix de ses mots, se déclarant « fou amoureux » de moi à l’époque du lycée. Je restai immobile, sans réaction particulière ; C’était étrange de ne plus rien ressentir. Comme si on m'avait brûlé mes émotions au fer rouge. J’écoutais, bienveillante. Je hochai la tête malgré tout. Je l’étais demandé toutes ces années de quoi était faite notre relation. Voilà, aujourd’hui je savais.

- Ah tu fais bien de me le dire… Je me suis toujours demandé ce que tu ressentais pour moi. J’imaginais que je ne t’intéressais pas.

Il continua son discours et parla de moi, de ce qui lui avait plu dans ma personnalité, mes centres d'intérêt... Je souris et il termina en évoquant la façon dont il avait failli. Deux fois. Je hochai la tête d’une manière plus marquée. Il n’avait pas tort. Comme protecteur, il s’était gravement planté !

- Je ne sais pas si tu ne me mérites pas… Je ne vais pas entrer dans cette discussion. Je n’ai rien d’une sainte. Tu as tes qualités et je ne vais pas te les enlever. Ce serait malhonnête. Je crois que je ne suis plus disposée à souffrir, c’est tout. Je dis stop, parce que je n’en peux plus. Le coup de vendredi, c’est trop. Quelque chose en moi s’est brisé et je ne peux même pas dire si c’est réparable.

Je hochai les épaules.

- Ce n’est pas si grave, hein ! On n’avait pas le bon timing.

Il avait la main sur le bouton de la porte et mes paroles semblèrent le rassurer. Il se retourna. Manifestement, il tergiversait. Et puis il fit marche arrière, sortant de sa poche le livre que je lui avais prêté quelques semaines en amont. Le Kalevala. Il le glissa sur le bureau. J’y jetai un œil et revint vers lui. Il me demanda de lui prêter « La planète aux vents de folie ». Je lui souris. Je lui avais proposé de lui prêter mes livres. Je n’allais pas me défausser au moment où j’avais abandonné tout espoir de le conquérir.

- Bien sûr. Tu peux emprunter tous les livres que tu veux !

Je l’observai un court instant et puis je retournai m’asseoir sur ma chaise, l’invitant d’un geste à s’asseoir.

- Tu ferais mieux de regarder le dossier. Nous en avons d’autres à compulser avant d’aller aux urgences… Manquerait plus qu’on vienne nous houspiller.

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MessageSujet: Re: You Tear Me Down Lun 19 Sep - 20:05

You Tear Me Down

Abigael O'Kelly

Un fin sourire, à la limite du désappointement quand elle avoua que mes sentiments avaient été un mystère jusqu'à maintenant. Si seulement j'avais été plus sûr de moi à l'époque... Le pire, c'est que je n'apprenais même pas de mes erreurs. Aujourd'hui encore je répétais ce même schéma, incapable de lui avouer ce qu'elle représentait à mes yeux ou du moins trop tardivement.

Car il était bel et bien trop tard, elle venait de me le confirmer. Pas directement, mais le message était clair. Nous avions loupé le coche, tous les deux, et nous étions allés trop loin pour que quelque chose d'autre qu'une amitié soit possible entre nous. Amitié. J'ignorais bien quel poids je pouvais encore donner à ce concept. Mes aveux semblaient l'avoir apaisée un peu, elle tolérait à présent ma présence et était même partante pour me laisser lui emprunter ses livres. Une fois encore, elle décidait de m'accorder une autre chance. Et j'en étais heureux. Je crois.

Difficile à dire en fait, il était bien trop tôt pour faire le point. Tout ce que je savais, c'est que mes sentiments à son égard ne s'envoleraient pas comme ça, du jour au lendemain. Etais-je capable de tirer un trait total et définitif sur elle, tout en continuant de la fréquenter, jour après jour ?

C'est ce à quoi j'étais en train de réfléchir, les yeux rivés sur le dossier qu'Abigael m'avait invité à examiner, comme si rien d'étrange ne s'était passé entre nous. Comment faisait-elle pour paraître si naturelle, ne ressentait-elle donc plus rien ? Cette idée m'attristait mais d'un autre côté, je ne pouvais m'empêcher de l'envier. Ce serait tellement plus simple...

Un autre sourire, forcé celui-là, même si j'essayais de paraître le plus détaché possible.

« Heureusement ce n'est pas le service du dragon. Oriana. Nous sommes sauvés ! »

Je pouffai de rire, un rire jaune cependant, à l'évocation de mon ex d'un soir que j'avais retrouvé ici, et qui s'amusait à me pourrir la vie dès qu'elle me croisait dans les couloirs de l'hôpital.

« Comment ça se passe d'ailleurs entre vous ? Elle ne te mène pas trop la vie dure ? »

Une question que je posais tout en continuant de consulter les fiches trouvées dans le dossier médical.

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